Depuis la conférence de presse du Président de la République, Félix Tshisekedi, les réactions se multiplient dans tous les sens. Analystes politiques, journalistes, opposants et observateurs tentent chacun d’interpréter les propos du Chef de l’État selon une lecture purement politique ou constitutionnelle.
Pour ma part, j’ai pris le temps d’observer, d’écouter et surtout de suivre le Président entre les lignes afin de discerner le véritable point d’ancrage de cette conférence. Et je suis surpris de constater que très peu de Congolais semblent avoir saisi l’essence profonde du message transmis au peuple congolais.
Aujourd’hui, je vais vous parler de ce sésame, de cette clé cachée qu’il fallait décoder à travers les paroles du Chef de l’État.
Cela fait déjà longtemps que je parle de la géospiritualité du Congo. Car sans la compréhension spirituelle de la RDC, rien ne pourra véritablement fonctionner dans ce pays. Le Congo n’est pas une nation ordinaire. Notre pays possède une dimension prophétique particulière dans l’histoire des peuples et des nations.
Je l’ai toujours dit : la RDC est appelée à devenir ce royaume qui produira les fruits dont avait parlé notre Seigneur Jésus-Christ dans Matthieu 21:45.
Voilà pourquoi, le 23 juin 2019, au Stade des Martyrs, le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo avait posé un acte extrêmement fort et rarement commenté à sa juste valeur lorsqu’il déclara solennellement :
« Moi, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République, je dédie solennellement en ce jour la RDC entre tes mains, Ô Éternel Dieu Tout-Puissant. »
« Assieds-toi sur le trône de ce pays et règne en Maître absolu. Sois le Roi du Congo et prends la place qui t’est due. »
Ces paroles n’étaient pas anodines. Elles constituaient un acte spirituel majeur. En réalité, le Président reconnaissait publiquement que la souveraineté suprême du Congo appartient avant tout à Dieu.
Et voilà qu’aujourd’hui, lors de sa conférence de presse du 6 mai 2026 à la Cité de l’Union Africaine à Kinshasa, répondant à une question du journaliste Osée Manzanza de Top Congo FM sur le changement de la Constitution et la convocation d’un dialogue, le Chef de l’État a prononcé des paroles qui, selon moi, constituent la véritable clé de voûte de cette conférence :
« Je ne veux pas m’accrocher au pouvoir mais je vais servir mon pays et je le servirai avec toutes les énergies qu’il faudra jusqu’au moment où je passerai la main. Et pour moi le scénario dans notre pays sera défini par celui en qui je crois plus fort que tout c’est à dire le Dieu Tout Puissant. C’est tout ! »
Beaucoup ont immédiatement parlé de glissement, de coup d’État constitutionnel ou encore de confiscation du pouvoir. Mais je pense sincèrement que ces réactions passent totalement à côté de l’essentiel.
Le Président Félix Tshisekedi n’a pas parlé ici comme un homme cherchant simplement à conserver le pouvoir. Il a plutôt laissé entendre que l’avenir du Congo ne sera pas défini uniquement par des calculs politiques ou des arrangements institutionnels, mais par une volonté supérieure qu’il identifie clairement : celle du Dieu Tout-Puissant.
Et c’est précisément là que se trouve la profondeur spirituelle de ce discours.
Dans notre histoire spirituelle africaine et congolaise, plusieurs voix prophétiques ont annoncé un réveil noir venant du Congo. Simon Kimbangu, que beaucoup appellent affectueusement Mfumu Kimbangu, avait évoqué la venue d’un « Grand Roi Divin », appelé en kikongo Nkua Tulendo, autrement dit : le Grand Roi Divin.
Selon cette vision prophétique, ce Grand Roi Divin détiendrait trois grandes dimensions de puissance :
• Le pouvoir spirituel (Kinzambi) ;
• Le pouvoir scientifique (Kimazaya) ;
• Le pouvoir politique (Kimayala).
C’est justement cette figure considérée comme « la plus forte » à laquelle, selon notre interprétation, le Président Félix Tshisekedi ferait allusion lorsqu’il affirme qu’il passera la main à « celui en qui il croit plus fort que tout », et non à un simple dauphin politique ou à un opposant.
Selon la prophétie attribuée à Mfumu Kimbangu autour de janvier 1922 à la gare de Kabalo, ce Grand Roi Divin devait apparaître comme une lumière destinée à libérer les peuples noirs de l’esclavagisme et de la domination. Cette prophétie s’est accomplie 1947 lorsqu’une étoile est tombée à Kabalo.
Même Paul VI avait souligné l’importance spirituelle de l’Afrique en déclarant : « Nova Patria Christi, Africa » (« L’Afrique, nouvelle patrie du Christ ») lors du premier voyage historique du pape dans le continent noir , en Ouganda en juillet 1969.
Ainsi donc, lorsque le Président de la République affirme que le scénario du Congo sera défini par « celui en qui il croit plus fort que tout », il faut comprendre qu’il reconnaît lui-même l’existence d’une autorité supérieure au-dessus des hommes, des institutions et des calculs politiques.
Dans cette lecture, la remise et reprise du pouvoir ne se limiterait donc pas à une simple succession politique classique entre majorité et opposition, mais s’inscrirait dans une dimension spirituelle plus profonde.
Le Dieu du Congo réclame son dû.
Et peut-être que Félix Tshisekedi a compris qu’aucun dirigeant ne peut durablement gouverner ce pays en ignorant sa dimension spirituelle et prophétique.
Le Congo traverse aujourd’hui une période historique où le combat n’est plus seulement politique, militaire ou économique. Il devient également spirituel. Voilà pourquoi les simples analyses constitutionnelles ne suffisent plus pour comprendre certains signaux envoyés au peuple congolais.
Ceux qui ont des oreilles entendront.
Par Mingiedi Mbala N’zeteke Charlie Jephthé
Activiste, Penseur et Notable de Madimba