24 NOVEMBRE 1965-2025 :60 ANS DÉJÀ DEPUIS LE COUP D’ÉTAT DE MOBUTU ; LE JOUR OÙ KASAVUBU N’A PAS VU VENIR LE JEUNE COLONEL DE 35 ANS !

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Par Jonathan TSOBO DITUVANGA

Mon Grand père d’heureuse mémoire ( Charles KOBO NZITA, ancien chef du groupement Mbilutolo, secteur de Patu, territoire de Lukula, province du Kongo -central ) : MOBUTU muana mabe, asala coup d’état na ye po na kolongola président Joseph KASAVUBU na bokonzi ya Congo.

Ce 24 novembre marque 60 ans depuis l’un des événements les plus décisifs et les plus traumatiques de l’histoire politique congolaise : le coup d’État du général Joseph-Désiré Mobutu contre le Président Joseph KASAVUBU.
Un geste exécuté « na ndenge ya ki Yankee », brutal, sec, sans élégance politique, mais qui allait redessiner durablement le destin du pays.

UN RENVERSEMENT INATTENDU POUR LE PRÉSIDENT KASAVUBU

Le vieux C. KOBO parmi les témoins de l’époque raconte un KASAVUBU abasourdi, “azalaki koyeba te mutu abima boye, azua mboka na makasi”.
Issu d’une culture bakongo où le pouvoir procède du peuple, non d’une prise de force individuelle, KASA-VUBU ne concevait pas qu’un jeune militaire, à peine 35 ans, puisse renverser un Président de la République en s’imposant par la force.

Le 24 novembre 1965, le Congo indépendant vivait seulement son deuxième coup d’État militaire sur le continent, un signe de la fragilité d’institutions encore neuves et minées par les rivalités internes, les influences étrangères et les ambitions individuelles.

LE REFUS DE KASAVUBU : UN MOMENT CLÉ

Peu avant son éviction définitive, KASA-VUBU, convoyé vers Boma par le colonel Damien TSHATSHI, s’était vu proposer une contre-offensive : mobiliser la garnison blindée de Thysville (Mbanza-Ngungu) pour reprendre Léopoldville.

KASA-VUBU déclina.
Pour lui, ce réflexe guerrier n’appartenait ni à son tempérament, ni à l’éthique de sa tradition.
Dans un pays déjà meurtri par les rébellions, il craignait un bain de sang.
Ce choix lui coûtera tout.

MOBUTU, L’HOMME QUI PROMETTAIT 5 ANS… AVANT LA DÉRIVE

MOBUTU, l’homme fort qui promettait 5 ans… avant la dérive

À travers le pays, beaucoup accueillirent le coup d’État dans une forme de résignation, presque de soulagement. “Batu bakweyaki kidiba”.
Fatigués du chaos post-indépendance, certains se disaient : “tika ba militaire babongisa mboka”.

MOBUTU promettait de rendre le pouvoir aux civils dans 5 ans.
Une promesse qui s’évanouira rapidement.
Derrière le jeune colonel se cachait un homme déjà fasciné par le pouvoir absolu.
La suite, on la connaît : la construction méthodique d’une dictature longue de 32 ans.

LES TEMPS FORTS EN IMAGE

Photo 1 – Premier meeting au stade Roi Baudouin : le lancement du mythe

MOBUTU, quelques jours après le putsch, galvanise les foules et lance le slogan devenu célèbre :
« Retroussons les manches ».
Une communication calibrée pour installer l’image d’un homme de l’ordre et du renouveau.

Photo 2 – Légitimation du coup d’État : le rôle invisible de la CIA

Autour de MOBUTU : le colonel Léonard MULAMBA, les présidents du Parlement MUDINGAY et KIMPIOB.
Le Parlement légitime rapidement le putsch, sur suggestion de Larry DEVLIN, chef de station CIA, qui voulait sécuriser un allié fiable en pleine guerre froide.

Photo 3 – Prestation de serment de MULAMBA

Le colonel MULAMBA est nommé Premier ministre.
Une caution militaire, mais surtout un écran technique permettant à MOBUTU de gouverner tout en gardant ses distances.

Photo 4 – MOBUTU, MULAMBA et les gouverneurs

Au premier plan, un jeune Étienne TSHISEKEDI, alors ministre de l’Intérieur.
Un instantané de l’époque où plusieurs futurs opposants avaient participé parfois malgré eux au système MOBUTU.

Photo 5 – Le colonel Damien TSHATSHI

Il accompagne KASAVUBU vers Boma.
Il aurait pu changer le cours de l’histoire avec la garnison de Thysville.
Mais KASA-VUBU refuse, par prudence… ou naïveté.

Photo 6 – BOBOZO et NENDAKA, les piliers du nouvel ordre

Le général Louis de Gonzague BOBOZO et Victor NENDAKA deviennent les architectes du dispositif sécuritaire du nouveau régime.
La machine MOBUTU se met en marche.

Photo 7 – Moïse TSHOMBE: l’illusion d’un retour

Figure puissante, ancien Premier ministre, TSHOMBE espéra d’abord tirer avantage du coup d’État.
Erreur stratégique.
MOBUTU ne partageait le pouvoir avec personne.

Photo 8 – Le drame KIMBA

Evariste KIMBA, dernier PM de KASA-VUBU, sera pendu avec trois compagnons après un procès expéditif.
Un symbole terrible : MOBUTU ne tolérerait aucune alternative politique.

Photo 9 – Le Président KASA-VUBU, dernière image d’un pouvoir civil

Un homme digne, dépassé par les logiques militaires et les influences extérieures.
Son éviction marque la fin de l’ère des pionniers de l’indépendance.

Photo 10 – Larry DEVLIN, l’ingénieur invisible

Le chef de la CIA à Léopoldville joue un rôle déterminant.
C’est lui qui conseille à MOBUTU d’obtenir la confiance du Parlement pour garantir la reconnaissance internationale, surtout américaine.

60 ANS APRES : QU’EST RESTE T-IL DU 24 NOVEMBRE 1965 ?

Cette journée a marqué le véritable tournant vers la personnalisation du pouvoir, la centralisation autoritaire, et la dépendance du Congo aux dynamiques géopolitiques extérieures.

Le 24 novembre 1965 n’est pas seulement une date historique :
c’est le point de départ d’un système politique dont les traces, directes ou diffuses, imprègnent encore profondément la vie publique congolaise actuelle, disons ce jour là le Congo Basculait, 60 Ans Après, QUELLE LEÇONS…?

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