
Selon plusieurs sources, le Procureur Rock Luakamona, déjà loin d’être un père ou un mari exemplaire, aurait chassé sa femme et ses enfants de leur maison, les laissant errer comme des brebis sans berger.
Ces actes et ce comportement, rapportent nos informateurs, illustrent son absence totale de sens des responsabilités, pourtant indispensable pour un gardien de la justice.
Insultes, menaces, avances déplacées… Au Parquet Général du Haut-Katanga, un scandale retentissant éclabousse l’institution chargée de protéger le droit. La magistrate Marie-Josée Bodika a décidé de rompre le silence face à ce qu’elle présente comme des abus répétés de la part de son supérieur, le Procureur Général Rock Luakamona, surnommé « Rockefeller ».
À Lubumbashi, c’est un climat de peur, de malaise et de tensions croissantes qui s’installe au sein de l’institution.
Un incident public qui fait exploser l’affaire
Les faits remontent au 20 octobre 2025, dans le bureau du Procureur de la République, Raphaël Banza, aux alentours de 18 heures.
La Première Substitut, Marie-Josée Bodika, s’y présente pour déposer un dossier. À son arrivée, elle surprend le Procureur Général entouré de fidèles de son église, évoquant un dossier dans lequel il aurait manifesté un intérêt personnel.
Selon plusieurs témoins, sa simple salutation déclenche une scène d’une rare violence verbale. Le PG lui aurait lancé :
« Suis-je obligé de répondre à votre salutation ? Vous êtes impolie, mal éduquée, une macaque. »
La situation se serait ensuite envenimée : le Procureur Général aurait tenté de la faire interpeller, avant d’ordonner sa suspension. Un dossier disciplinaire est ouvert contre elle dès le 22 octobre, selon des documents internes consultés.
Des tensions anciennes et des accusations de harcèlement
L’altercation du 20 octobre ne serait que le point culminant d’un conflit plus ancien.
Des sources internes évoquent des comportements déplacés du PG à l’égard de la magistrate dès décembre 2022, lorsqu’il lui aurait adressé des propos suggestifs au parking du Parquet :
« Madame, vous êtes très belle. Passez me voir à mon bureau. »
Mariée à un juge, la magistrate avait refusé les avances.
Mais l’épisode suivant aurait été encore plus humiliant : au moment de signer son ordre de congé, le PG lui aurait tendu un paquet de bandes hygiéniques, insinuant que la signature dépendait de l’acceptation de ce “cadeau”. Un geste qui avait choqué plusieurs collègues.
Un haut magistrat déjà controversé
Le nom de Rock Luakamona n’en est pas à sa première polémique.
Décrit par certains de ses pairs comme un “homme à femmes”, il est souvent associé à des histoires sentimentales tumultueuses. En 2023, il aurait même été impliqué dans une dispute avec un défenseur judiciaire, Thomas Tosenge, laquelle s’était soldée par une brève incarcération de ce dernier à la prison de Kasapa.
Des appuis politiques qui interrogent
Plusieurs sources proches du Conseil Supérieur de la Magistrature affirment que le Procureur Général bénéficierait d’un solide réseau de protection.
Son nom aurait été ajouté manuellement dans la dernière mise en place judiciaire, en dehors de la liste officiellement validée.
Il serait proche du président du CSM, Dieudonné Kamuleta, ainsi que de l’ancien ministre de l’Intérieur Peter Kazadi.
Ces relations seraient, selon ses détracteurs, la raison de l’impunité dont il jouirait malgré de multiples dénonciations internes.
Une administration silencieuse, une magistrate déterminée
Interrogée, la hiérarchie du Parquet Général n’a souhaité faire aucun commentaire, évoquant une procédure interne en cours.
De son côté, Marie-Josée Bodika a saisi le CSM pour dénoncer des injures publiques, menaces, harcèlement moral et abus de pouvoir.
Un révélateur du malaise dans la justice du Haut-Katanga
Cette affaire expose un problème plus profond : au sein de la magistrature provinciale, les abus d’autorité, la politisation de la justice et les dérives comportementales fragilisent la crédibilité de l’institution.
Si les faits sont avérés, le dossier Luakamona pourrait déboucher sur des sanctions disciplinaires lourdes voire sur des poursuites pénales contre un magistrat censé incarner la rigueur et la dignité de la loi. Le tonnerre