Les récentes sorties médiatiques de Lambert Mende, ancien porte-parole du gouvernement, et d’Adolphe Muzito, Vice-Premier ministre en charge du Budget, ont ravivé une vive controverse politique autour du rôle de Joseph Kabila dans la crise sécuritaire persistante à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Mais au-delà du débat, ce sont surtout les propos d’Adolphe Muzito qui suscitent indignation et incompréhension au sein de l’opinion nationale.
Lambert Mende : une accusation lourde et assumée
Lors de ses interventions publiques à Goma et Bukavu, Lambert Mende a tenu un discours sans ambiguïté : Joseph Kabila serait protégé par les forces rwandaises dans certaines zones de l’Est de la RDC. Une affirmation grave, mais qui, selon lui, repose sur des faits et des informations concordantes.
Pour Lambert Mende, cette protection étrangère illustre clairement l’implication indirecte de l’ancien chef de l’État dans la déstabilisation du pays, aux côtés d’acteurs qui sèment la mort et la désolation parmi les populations congolaises.
Adolphe Muzito : une sortie médiatique jugée dangereuse
À l’opposé, Adolphe Muzito a surpris l’opinion en affirmant que Joseph Kabila ne serait pas l’ennemi des Congolais. Une déclaration jugée grave, irresponsable et politiquement troublante, surtout venant d’un membre du gouvernement en exercice.
Cette prise de position soulève de sérieuses interrogations sur la loyauté politique du VPM du Budget à l’égard du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Un passif déjà révélateur
Dès son arrivée au gouvernement, Adolphe Muzito s’était illustré par une posture controversée, allant jusqu’à combattre le budget de l’État et appeler à sa réduction, une attitude perçue par plusieurs observateurs comme un manque d’alignement avec la vision du Chef de l’État.
Aujourd’hui, ses propos sur Joseph Kabila semblent confirmer cette distance politique, voire une proximité idéologique inquiétante avec l’ancien régime.
Une tentative de préparer un dialogue inclusif controversé
Plusieurs analystes estiment qu’Adolphe Muzito chercherait à préparer le terrain pour un éventuel dialogue politique dans lequel Joseph Kabila serait réhabilité et intégré. Or, une telle démarche apparaît incompatible avec la réalité sécuritaire actuelle, d’autant plus que la Haute Cour militaire a déjà condamné Joseph Kabila pour trahison.
Dans ce contexte, vouloir minimiser son rôle ou nier son implication présumée dans la crise de l’Est revient à nier la souffrance des Congolais victimes des violences quotidiennes perpétrées par des groupes armés soutenus de l’extérieur.
Un devoir de réserve pour les membres du gouvernement
En tant que membre du gouvernement, Adolphe Muzito ne peut se permettre des sorties médiatiques qui contredisent la ligne officielle de l’État et fragilisent la cohésion nationale.
Il appartient au Président de la République de veiller à ce que chaque prise de parole gouvernementale soit rigoureusement encadrée, afin d’éviter des déclarations susceptibles de semer la confusion, de légitimer l’ennemi ou de trahir les intérêts supérieurs de la Nation.
Entre les propos fermes de Lambert Mende, qui confirment l’implication et la protection présumée de Joseph Kabila par des forces hostiles à la RDC, et ceux d’Adolphe Muzito, qui tentent de blanchir l’ancien président, le contraste est saisissant.
Les déclarations d’Adolphe Muzito manquent de fondement, vont à l’encontre des faits connus et démontrent une posture politique ambiguë. À l’heure où la RDC lutte pour sa souveraineté et la paix à l’Est, toute complaisance envers les ennemis de la République est inacceptable. Le tonnerre