
La déclaration du sénateur américain Cory Booker marque un tournant moral et politique majeur sur la crise qui déchire l’Est de la République démocratique du Congo depuis plus de 30 ans. Qu’un responsable politique étranger arrive à comprendre la profondeur du drame congolais et à condamner ouvertement les crimes commis par Paul Kagame, Joseph Kabila et Corneille Nangaa est à la fois révélateur et interpellant.
Interpellant, parce qu’il est incompréhensible que certains Congolais, fils et filles de cette terre meurtrie, refusent encore de dénoncer ces tueries, ces pillages et cette souffrance interminable. Quand un sénateur américain affirme clairement que « ça suffit » à l’Est de la RDC et appelle le pays à aller de l’avant en comptant sur ses propres ressources, comment expliquer qu’un Congolais choisisse plutôt de prendre les armes contre son propre peuple ?
Prendre les armes pour combattre une population déjà affaiblie par la guerre, la pauvreté et l’insécurité est une trahison grave. Un Congolais qui tue ou soutient la mort de ses compatriotes pour des intérêts personnels ou étrangers mérite d’être condamné plus sévèrement encore qu’un ennemi venu de l’extérieur. Trahir son peuple est un crime moral et historique.
Comme l’a rappelé le sénateur américain, la RDC ne sera plus jamais comme avant. Une nouvelle ère s’ouvre, celle de la dignité, de la souveraineté et de la responsabilité. Le président Félix Tshisekedi s’est engagé à restaurer l’intégrité territoriale et la souveraineté nationale, quels que soient les obstacles et les sacrifices nécessaires.
Cette prise de position venue de l’extérieur devrait servir d’électrochoc. Si un Américain peut avoir pitié du peuple congolais et dénoncer ses bourreaux, alors aucun Congolais n’a le droit de rester silencieux face à l’injustice. L’histoire jugera sévèrement les traîtres, mais elle honorera celles et ceux qui auront choisi la vérité, la paix et la justice. Le tonnerre