RDC/ Gécamines : une gestion contestée, symbole d’un naufrage annoncé

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La Gécamines traverse une période de turbulences qui ne doit rien au hasard. La gestion actuelle de son Directeur général est de plus en plus contestée, tant par les observateurs que par plusieurs sources internes, qui dénoncent une gouvernance opaque et contraire aux principes de transparence exigés pour une entreprise publique stratégique.

Alors que des accords miniers majeurs ont, par le passé, rapporté plus d’un demi-milliard de dollars à la Gécamines, aucune communication claire n’a été faite sur l’utilisation réelle de ces ressources. Cette opacité contraste fortement avec les recommandations connues en matière de bonne gouvernance : publication des contrats, audits indépendants, contrôle parlementaire et reddition régulière des comptes.

Au lieu d’une politique de relance industrielle, la direction actuelle s’est illustrée par la cession progressive de plusieurs concessions minières, affaiblissant davantage une entreprise déjà fragilisée. La Gécamines, jadis moteur de l’économie nationale, se retrouve aujourd’hui sans capacité réelle de production, dépendante d’arrangements financiers peu lisibles pour le public.

Plus grave encore, le Directeur général avait été nommé par ordonnance présidentielle comme Président du Conseil d’Administration de la société Primera Gold, au Sud-Kivu. Cette décision n’a jamais été exécutée. Il a choisi de rester à la tête de la Gécamines, en violation de l’esprit de cette ordonnance, renforçant l’idée d’une volonté manifeste de conserver le contrôle d’une entreprise devenue un centre de gestion de flux financiers plutôt qu’un outil de développement minier.

Cette situation met en évidence non seulement la responsabilité directe du management actuel, mais aussi les failles du contrôle institutionnel. L’absence d’audits publics, le silence des organes de tutelle et la faiblesse du suivi parlementaire ont permis que des décisions stratégiques soient prises sans débat ni transparence.

Nous ne pouvons pas accepter que la Gécamines, patrimoine du peuple congolais, soit gérée dans l’opacité, alors que le Code minier exige que l’exploitation des ressources profite d’abord à la nation et aux communautés locales.

Face à cette gestion contestée, il devient urgent que : – la lumière soit faite sur les choix opérés par la direction actuelle ;
les mécanismes de contrôle soient réellement activés ;
et que la gouvernance de la Gécamines soit revue pour empêcher qu’une seule personne concentre autant de pouvoir sans rendre compte.

La Gécamines ne peut continuer à s’enfoncer pendant que ses dirigeants échappent à toute redevabilité.
Ce que nous dénonçons aujourd’hui, ce n’est pas seulement une mauvaise gestion, mais un système qui permet qu’elle dure. LE TONNERRE

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