À Kinshasa, le pouvoir d’achat de la population ne cesse de s’effondrer. Les salaires restent faibles, irréguliers pour beaucoup, tandis que le coût de la vie augmente chaque jour de manière vertigineuse. Le loyer des maisons grimpe sans contrôle, le prix du transport en commun augmente presque quotidiennement, et se nourrir devient un véritable parcours du combattant pour des milliers de familles.
Face à cette situation déjà alarmante, les autorités provinciales ont choisi une voie qui choque et indigne : la multiplication continue des taxes et impôts. Au lieu d’alléger la charge fiscale pour soulager la population, de nouvelles taxes apparaissent presque chaque semaine, touchant aussi bien les petits commerçants que les conducteurs de véhicules privés et les ménages ordinaires.
Posséder un véhicule à Kinshasa est devenu un luxe presque impossible. Entre les taxes, les frais administratifs et les contrôles permanents, le citoyen est soumis à une pression financière constante. Cette politique fiscale, appliquée sans tenir compte de la circulation réelle de l’argent dans la ville, aggrave encore la précarité des Kinois.
Pendant que la population s’appauvrit, une question demeure sans réponse claire :
toutes ces taxes sont-elles réellement bien comptabilisées et utilisées avec transparence ?
Où va l’argent collecté ? Sert-il réellement à améliorer les routes, le transport, l’assainissement et les services publics ? Ou profite-t-il seulement à une minorité ?
Aujourd’hui, de nombreux citoyens ont le sentiment d’être abandonnés à leur propre sort, sans soutien ni perspective d’amélioration. Le cri de la population semble ignoré, pendant que les autorités privilégient des décisions fiscales qui ne tiennent pas compte des réalités sociales.
Cette situation est dangereuse. Une population qui souffre longtemps sans être entendue peut finir par se révolter. L’histoire montre que lorsque les difficultés s’accumulent et que l’injustice est perçue comme permanente, les conséquences peuvent être graves pour la stabilité sociale.
Au lieu de multiplier les taxes, les autorités provinciales devraient chercher des solutions durables :
– soutenir le pouvoir d’achat,
– réguler les loyers,
– stabiliser les prix du transport,
– lutter contre la corruption fiscale,
– et instaurer une véritable transparence dans la gestion des recettes publiques.
Car toute chose a une fin. Gouverner, ce n’est pas dépouiller une population déjà appauvrie, mais la protéger et améliorer ses conditions de vie. Kinshasa mérite une politique économique orientée vers le bien-être collectif, et non vers l’accumulation de taxes qui étouffent davantage une population déjà à bout de souffle. LE TONNERRE