
Par Jonathan TSOBO DITUVANGA
À Dibaya, province Kasaï Central, dans la nuit de dimanche à lundi, les équipements destinés à la construction du barrage hydroélectrique de la chute de Katende ont été complètement calcinés. L’incendie s’est déclaré sur les rives de la rivière Lulua, où les matériels étaient entreposés.
Un Impact financier à ne pas sous-estimer, qui crée des préoccupations sur le remplacement des équipements brûlés qui certainement alourdira le budget :
-Qui paiera ? L’État ? L’entreprise ? L’assurance ?
-Y aura-t-il des renégociations ou litiges contractuels ?
-Quelle entreprise ou autorité locale portera la responsabilité juridique et financière de la perte ?
-Faut-il envisager l’hypothèse d’un acte criminel, lié à des intérêts politiques, économiques ou à des conflits locaux ?
Selon des témoins, une forte décharge électrique ou un court-circuit serait à l’origine du sinistre. Aucun décès n’a été signalé, mais les pertes matérielles sont considérables et pourraient retarder les travaux du projet.
Les autorités locales ont annoncé l’ouverture d’une enquête pour déterminer les causes exactes de l’incendie et évaluer son impact sur l’avancement du chantier. Ce projet, vital pour l’électrification de plusieurs provinces du Kasaï, pourrait subir de nouveaux retards, renforçant les inquiétudes sur la sécurité et la gestion des infrastructures publiques dans la région.
L’incident relance également les questions sur les mesures de protection des équipements et la gouvernance des projets hydroélectriques en RDC.
-La thèse d’un court-circuit est-elle aussi soutenue par des éléments techniques concrets ?
-Cette zone de stockage bénéficiait-elle de mesures de sécurité adaptées (paratonnerres, surveillance, système anti-incendie, normes de câblage) ?
-Pourquoi de tels équipements sensibles étaient-ils entreposés dans un lieu exposé à des risques électriques ?
Les experts appellent à une réévaluation urgente des protocoles de sécurité pour éviter qu’un tel accident ne se reproduise.
L’incendie de Katende n’est pas un simple incident.
C’est un signal d’alarme montrant les fragilités techniques, organisationnelles et sécuritaires entourant les grands projets nationaux.
L’implication des communautés locales s’avère aussi importante pour éviter tensions, sabotages ou incompréhensions :
-Sensibilisation des populations voisines
-Participation via des comités locaux de suivi
-Communication sur l’utilité sociale du barrage.
Une gestion rigoureuse, transparente et inclusive est indispensable pour redonner confiance aux populations, sécuriser les investissements et assurer enfin l’achèvement de ce barrage attendu depuis plus d’une décennie.
Il sied de signaler que le barrage de Katende situé dans le territoire de Dibaya (Kasaï-Central), sur la rivière Lulua, est un projet hydroélectrique stratégique pour la partie centre de la RDC.
Après une interruption de huit ans, les travaux ont officiellement repris en mai 2025 grâce au financement du gouvernement congolais, et cette centrale hydroélectrique vise à alimenter en électricité le Grand Kasaï, notamment Kananga, Mbuji-Mayi et une grande partie du grand bandundu.
La capacité finale prévue est de 64 mégawatts, avec une première phase de 16 mégawatts dès 2026.