Dialogue inclusif en République démocratique du Congo : entre paix véritable et recyclage politique des fauteurs de guerre

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Dans de nombreux pays engagés sur la voie du développement, le dialogue inclusif est un outil destiné à prévenir les guerres civiles, à apaiser les tensions et à consolider la paix autour d’un projet national commun. Il sert à rapprocher les acteurs politiques pour éviter l’effondrement de l’État et garantir la stabilité nécessaire au progrès économique et social.

En République démocratique du Congo, cependant, le dialogue politique semble avoir pris une autre signification. Il est souvent perçu comme un mécanisme de redistribution de postes au profit d’acteurs ayant parfois soutenu des rébellions ou des agressions étrangères contre leur propre pays. Au lieu de favoriser la cohésion nationale, ce schéma donne l’impression de récompenser la violence plutôt que de la sanctionner.

Pendant que d’autres nations avancent grâce aux idées, aux réformes et à l’innovation, la RDC reste prisonnière d’un cycle dangereux :
prendre les armes, semer la terreur, provoquer des morts parmi la population civile, puis réclamer un dialogue pour être réintégré dans les institutions, souvent avec des responsabilités politiques. Cette pratique envoie un message lourd de conséquences : la guerre devient un raccourci vers le pouvoir.

Une telle logique ne peut que freiner le développement du pays. Elle banalise les crimes commis contre les civils et affaiblit l’autorité de l’État. Plus grave encore, elle piétine la mémoire des victimes. Comment demander aux familles endeuillées de faire confiance à la République lorsque les auteurs présumés des massacres sont accueillis dans les institutions au lieu d’être traduits devant la justice ?

La paix durable ne peut se construire sur l’oubli des crimes. Elle doit reposer sur trois piliers essentiels :
la vérité, la justice et la responsabilité. Toute personne qui prend les armes pour massacrer son propre peuple ne devrait pas prétendre à des fonctions publiques, même symboliques. La réconciliation nationale ne signifie pas l’impunité.

Il devient donc urgent de rompre avec cette culture politique du chantage armé. Le dialogue ne doit plus être un refuge pour criminels, mais un cadre réservé aux acteurs engagés dans des solutions pacifiques. Ceux qui ont versé le sang doivent rendre des comptes à l’État, et la justice doit être rendue de manière équitable et crédible.

Si la RDC veut réellement avancer, elle doit cesser de confondre réconciliation et récompense. Le pays a besoin d’un dialogue fondé sur les idées, les réformes et la vision du développement, et non sur la peur des armes. C’est à ce prix seulement que la paix pourra devenir un levier de progrès, et non un facteur de sous-développement permanent. LE TONNERRE

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