Un scandale aux relents de gouvernance défaillante secoue la province du Lualaba. De graves allégations pèsent sur la société de transport SAWA COMPEA SARL, accusée de piétiner les lois congolaises en matière du travail et de détourner des fonds destinés au Trésor public.
Selon des sources proches du dossier, cette entreprise, dirigée par un ressortissant chinois, opérerait de manière quasi clandestine dans la province, évitant systématiquement les routes officielles et les postes de péage afin d’échapper aux contrôles des services de l’État.
Une entreprise fantôme au cœur de Kolwezi
Le siège social de SAWA COMPEA SARL est censé se situer sur l’avenue Kampia ya Boma, dans le quartier Joli Site, commune de Manika, à Kolwezi.
Cependant, sur place, aucune inscription, aucune plaque officielle ni aucun signe administratif ne confirment l’existence légale de cette société, contrairement aux autres entreprises opérant dans la région.
« Cette absence de visibilité officielle laisse penser que le réseau chinois exerce ses activités dans une opacité totale »,
affirment des sources anonymes contactées par plusieurs médias locaux.
Les accusations font également état de l’utilisation de faux documents, de voies illégales d’importation et d’exportation, et du contournement des taxes et péages officiels.
Ces pratiques priveraient l’État congolais de ressources financières cruciales, particulièrement dans une province stratégique et riche en minerais comme le Lualaba.
Violations des droits des travailleurs : des cris de détresse ignorés
Au-delà des soupçons d’évasion fiscale, le volet social du dossier est tout aussi alarmant.
Plusieurs anciens employés, principalement des chauffeurs, dénoncent des maltraitances systématiques, des licenciements abusifs et le non-paiement des salaires dus.
« Nos droits sont piétinés sans que quiconque n’intervienne », ont-ils déclaré au micro de plusieurs maisons de presse.
Ces travailleurs en détresse interpellent directement :
- les autorités provinciales,
- l’exécutif national,
- et le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo,
afin qu’une action ferme soit menée pour protéger les travailleurs congolais face à certains employeurs étrangers indélicats.
Un droit de réponse qui tourne à l’opacité
Les responsables de SAWA COMPEA SARL — notamment Luo, surnommé Mambo Dje (responsable du site de Kisanfu), Reagan Kakolongo (gestionnaire et DRH, représentant des intérêts chinois auprès des employés congolais) et le DG Tonny, figure centrale de l’entreprise — ont été sollicités pour un droit de réponse.
Dans un premier temps, ils ont invité les journalistes à se rendre sur place pour fournir des éclaircissements. Mais une fois arrivés, les reporters ont été éconduits :
les agents de sécurité ont nié l’existence du bureau, affirmant ne connaître ni Tonny, ni Luo, ni Kakolongo, et indiquant que le DRH aurait quitté les lieux depuis longtemps.
Même une tentative du DG Tonny d’entrer discrètement, le visage masqué, s’est soldée par un échec : l’accès a été formellement refusé aux médias.
Depuis lors, l’entreprise reste silencieuse face aux sollicitations de la société civile, des journalistes et des anciens employés, tout en laissant entendre qu’elle bénéficierait d’une protection au niveau provincial et à Kinshasa, au-dessus des lois et de la voix du peuple.
Appel pressant à l’action des autorités
Face à cette situation préoccupante, les syndicats, la société civile et les médias locaux, nationaux et internationaux interpellent solennellement les autorités compétentes afin qu’une enquête approfondie soit diligentée, notamment :
- Madame Fifi Masuka Saïni Marie Thérèse, gouverneure du Lualaba ;
- Roy Kahumba Philippe, ministre provincial de l’Intérieur ;
- Achille Muteteke, ministre provincial des Finances ;
- Masuka Saïni Joffrey, ministre provincial des Transports ;
- Maître Trésor Mahamba Matula, directeur provincial de l’Anti-Fraude ;
- Madame Carole Sompo, directrice des Péages au Lualaba ;
- Le Procureur général près le Tribunal du Travail.
« Nous exigeons un suivi rigoureux de ce dossier avant qu’il ne s’enlise », martèlent les représentants syndicaux.
Les anciens employés annoncent, par ailleurs, l’organisation prochaine d’une marche pacifique pour revendiquer leurs droits.
Un test de crédibilité pour la gouvernance
Ce dossier met une fois de plus en lumière les défis persistants de la gouvernance, du respect des lois et de la protection des travailleurs en République démocratique du Congo, particulièrement dans les secteurs sensibles liés aux mines et au transport.
Dossier à suivre.
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