Dans un contexte marqué par l’insécurité persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo, notre position reste sans équivoque : la priorité nationale doit être la réunification du pays et la restauration de l’autorité de l’État sur toute l’étendue du territoire.
Alors que certains débats s’orientent vers une éventuelle révision de la Constitution, nous estimons qu’il serait inapproprié — voire dangereux — d’engager un tel processus dans un pays dont une partie échappe encore au contrôle des institutions légitimes. La cohésion nationale, la sécurité et la stabilité sociale doivent primer sur toute autre considération.
Cependant, suite à la publication de notre analyse, plusieurs réactions ont émergé, enrichissant le débat public.
Certains observateurs attirent l’attention sur un autre enjeu majeur : la nécessité de sensibiliser la jeunesse, en particulier les jeunes nés dans les années 2000. Aujourd’hui très actifs dans la société, ces derniers ne mesurent pas toujours les implications profondes d’une révision constitutionnelle. Selon ces avis, il revient au Président de la République Félix Tshisekedi ainsi qu’aux experts et politologues de mettre en place des mécanismes pédagogiques afin de mieux expliquer les enjeux liés à la Constitution.
D’autres contributions vont encore plus loin en soulevant un risque critique :
celui de voir une révision constitutionnelle, dans le contexte actuel, consacrer de fait une division du pays.
En effet, dans les territoires sous occupation de groupes armés, l’application d’une nouvelle Constitution pourrait être rejetée ou simplement impossible. Cela créerait une situation préoccupante où deux textes constitutionnels coexisteraient, chacun appliqué selon les zones de contrôle.
Une telle réalité ouvrirait la voie à une balkanisation progressive du pays — un scénario que tous les Congolais devraient redouter.
Ces différentes réactions, bien que pertinentes, ne font que renforcer notre conviction initiale :
ce n’est pas le moment de s’engager dans une réforme constitutionnelle.
Avant toute modification de la loi fondamentale, la République démocratique du Congo doit d’abord se concentrer sur l’essentiel :
- récupérer l’intégrité de son territoire,
- garantir la sécurité des populations,
- et consolider son unité nationale.
En définitive, la question constitutionnelle ne peut être traitée efficacement que dans un État pleinement souverain sur lui-même. Toute précipitation dans ce domaine risquerait d’aggraver les fractures existantes.
La réunification du pays n’est pas une option, mais une urgence absolue. LE TONNERRE