La population congolaise, en particulier les habitants de Kinshasa, continue de vivre une situation de plus en plus difficile. Ces derniers jours, le gouverneur de la ville-province de Kinshasa, Daniel Bumba, fait beaucoup parler de lui à cause de l’exigence stricte de quatre (4) documents routiers imposés aux conducteurs.
Pour de nombreux Kinois, cette mesure arrive à un très mauvais moment. La population sort à peine de la période des fêtes, une période traditionnellement marquée par de fortes dépenses, alors que l’argent ne circule presque plus. Prendre une telle décision sans tenir compte de cette réalité économique est perçu comme un manque d’empathie envers une population déjà éprouvée.
Cette décision, jugée à la fois unanime et impopulaire, risque de provoquer une forte tension sociale. La population souffre déjà dans plusieurs secteurs essentiels : le pouvoir d’achat est en chute libre, les prix des denrées alimentaires ne cessent d’augmenter et le coût de la vie à Kinshasa grimpe chaque jour.
À ces difficultés s’ajoute désormais la crise du transport. Le transport en commun est fortement perturbé. De nombreux chauffeurs ont immobilisé leurs véhicules faute de moyens pour se mettre en règle avec les documents exigés. Résultat : les motocyclistes prennent le relais, imposant des tarifs exorbitants aux usagers, sans véritable alternative pour la population.
Des familles entières se retrouvent pénalisées. Plusieurs citoyens n’arrivent plus à se rendre à leur lieu de travail ou à exercer leurs activités quotidiennes qui leur permettent de subvenir aux besoins de leurs familles. Kinshasa, ville où la majorité des habitants doivent sortir chaque jour pour survivre, se retrouve partiellement paralysée.
Ce qui choque davantage la population, c’est l’absence de mesures d’accompagnement. Le gouverneur Daniel Bumba ne dispose même pas d’un parc de bus suffisant pour soulager la population en cette période critique. Pourtant, toute décision administrative devrait être précédée d’une évaluation des conséquences sociales.
Prendre des décisions sans tenir compte de la réalité quotidienne des citoyens peut conduire à un soulèvement populaire, avertissent plusieurs observateurs. La colère monte dans les quartiers, et le mécontentement devient général.
Face à cette situation, le gouverneur de la ville de Kinshasa et ses collaborateurs sont appelés à revoir leur approche. Il est urgent de trouver des mécanismes d’assouplissement, tels qu’un délai raisonnable pour la mise en conformité des documents, afin d’alléger les souffrances de la population kinoise.
La gouvernance ne peut être efficace que si elle est proche du peuple. Aujourd’hui, Kinshasa a besoin de décisions responsables, humaines et adaptées à la réalité sociale, pour éviter que la frustration ne se transforme en crise sociale majeure. LE TONNERRE