
La ville de Kinshasa traverse une période marquée par une tracasserie débordante et une hausse vertigineuse du coût de la vie, plongeant une grande partie de la population dans une situation de plus en plus précaire.
Le logement est devenu un luxe. Les loyers flambent dans presque toutes les communes, tandis que les garanties locatives atteignent des montants exorbitants, inaccessibles pour de nombreux ménages. Pour beaucoup de Kinois, se loger dignement relève désormais d’un véritable parcours du combattant.
À cela s’ajoute la hausse du prix du transport. Autrefois considérés comme relativement abordables, les taxis et taxis Yango ont vu leurs tarifs doubler, voire tripler. Se déplacer pour aller au travail, à l’école ou au marché est devenu un fardeau quotidien. Le transport, qui devrait faciliter la vie des citoyens, est devenu un facteur aggravant de la pauvreté urbaine.
Parallèlement, l’accès à l’eau potable demeure un problème majeur. Le service de la REGIDESO reste irrégulier et insuffisant, obligeant de nombreux habitants à recourir à des solutions coûteuses ou insalubres. Dans une capitale moderne, manquer d’eau reste une réalité choquante pour des millions de citoyens.
Le plus préoccupant est le décalage entre les décisions des autorités provinciales et les réalités vécues par les Kinois. Alors que la population fait face à la cherté de la vie, aux tracasseries et à la dégradation des services publics, certaines mesures prises semblent davantage orientées vers la recherche de recettes que vers la résolution des problèmes sociaux urgents.
Pendant que les prix augmentent chaque jour, les salaires restent inchangés, accentuant l’écart entre les revenus et les dépenses. Cette situation crée un profond sentiment d’abandon et d’injustice au sein de la population, qui a l’impression que ses souffrances sont ignorées.
Les décisions prises sans concertation avec la population ne font pas l’unanimité et nient souvent les réalités quotidiennes des Kinois. Or, gouverner une ville comme Kinshasa exige une écoute permanente, des politiques sociales adaptées et des solutions concrètes pour améliorer les conditions de vie.
Aujourd’hui, la colère gronde, non pas par goût du désordre, mais par fatigue accumulée face à une vie devenue insupportable. Si rien n’est fait pour freiner la vie chère, améliorer les services publics et lutter contre les tracasseries, la fracture entre les autorités et la population risque de s’élargir davantage.
Kinshasa a besoin de politiques courageuses :
– une régulation des loyers,
– une maîtrise des tarifs de transport,
– une amélioration réelle de la desserte en eau,
– et surtout, une gouvernance tournée vers l’intérêt général.
La population kinoise ne demande pas des discours, mais des solutions concrètes. Car une ville ne peut se développer durablement lorsque ses habitants peinent à survivre. La rédaction