RDC : les lanceurs d’alerte dénoncent une vague d’enlèvements, violences et intimidations qui menacent la cohésion nationale

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Kinshasa, Les organisations de la société civile et plusieurs groupes de lanceurs d’alerte tirent la sonnette d’alarme face à la montée inquiétante des violences, enlèvements et intimidations visant des opposants politiques et leurs familles depuis le début du mois de décembre.
Un climat jugé « incompatible avec la nécessité d’unité nationale » alors que la RDC fait face à une guerre d’agression.

Enlèvement de Kamizelo : un signal inquiétant

L’enlèvement de Monsieur Kamizelo, surnommé le Philosophe et associé au PPRD, le week-end dernier, est l’un des événements marquants de cette série d’abus.

Selon des témoins et son épouse, il a été enlevé par des individus se présentant comme des agents de sécurité armés, avant d’être conduit vers une destination inconnue.
Son sort demeure incertain, accentuant l’inquiétude générale.

Violences à Camp Luka : agression contre Jean-Marc Kabund

La société civile dénonce également les violences ayant visé Jean-Marc Kabund, président du parti Alliance pour le Changement (A.Ch), blessé à la tête lors d’un incident impliquant des éléments de la police et des civils.

Déclaration de Martin Fayulu

Réagissant à cet incident, Martin Fayulu a condamné fermement :

« Je m’insurge contre l’agression de Jean-Marc Kabund à Camp Luka alors qu’il allait animer un meeting. Camp Luka n’appartient ni à l’Union Sacrée ni à quiconque. Les libertés fondamentales des Congolais ne sont pas négociables. J’exige une enquête et des poursuites immédiates. »

Selon plusieurs témoignages, les militants venus participer au meeting ont été dispersés à coups de pierres lancés à la fois par des policiers et par des hommes en tenue civile dont l’identité et les missions demeurent floues.
Kabund affirme que la police était accompagnée de kuluna, renforçant les inquiétudes quant à la collusion entre forces de l’ordre et groupes violents.

Intimidations contre le MLP : une stratégie qui viserait les familles

Les organisations de la société civile dénoncent aussi la situation particulièrement préoccupante autour de la famille de Maître Lokote Kazadi JP, militant du Mouvement Lumumbiste Progressiste (MLP).

Après plusieurs visites nocturnes destinées à interroger ses proches sur sa localisation, une tentative d’enlèvement de son épouse aurait eu lieu le 04 décembre 2025 vers 13h, aux alentours du petit Collège Boboto, visant l’épouse de Maître Lokote Kazadi JP, accompagnée de ses enfants mineurs.

Selon les éléments rapportés, des individus non identifiés, se réclamant des services de sécurité, ont tenté de la contraindre à les suivre.
L’intervention de passants et la panique des enfants auraient empêché que l’enlèvement ne se concrétise.

Pour les défenseurs des droits humains, ces actes confirment un schéma d’intimidation ciblée visant non seulement les militants, mais également leurs familles.

Maître Lokote, déjà victime d’un enlèvement et d’une perquisition en 2024 après le déplacement de Franck Diongo à Kigali, déclare :

« C’est une façon claire d’envoyer un message : si nous ne vous trouvons pas, nous trouverons vos proches. Ces méthodes visent à briser moralement les opposants et leurs familles. »

Des méthodes déjà observées : le cas de la famille de Jacky Ndala

Les lanceurs d’alerte établissent un parallèle avec les épreuves subies par la famille de Jacky Ndala lorsqu’il était incarcéré à Makala :
visites nocturnes, menaces, harcèlement et pressions visant à briser la résistance des proches.

« Ces méthodes musèlent les voix discordantes et fragilisent l’unité nationale »

Dans un contexte de guerre d’agression, les organisations citoyennes rappellent que la priorité devrait être la consolidation de l’unité nationale.

Elles alertent :

« Le pays a besoin de l’unité de toutes ses filles et de tous ses fils. Ces méthodes de musèlement de toute voix discordante détruisent la confiance et affaiblissent une cohésion déjà fragile. »

Un appel pressant à la responsabilité des institutions

La société civile appelle les autorités à :

garantir la sécurité de tous les citoyens, y compris les opposants ;

clarifier le rôle des civils opérant aux côtés des forces de sécurité ;

enquêter sur les enlèvements, violences et intimidations ;

préserver un espace démocratique où nul ne doit être inquiété pour ses opinions.

Elle exhorte enfin les institutions à faire preuve d’un sursaut d’autorité morale afin de restaurer la confiance publique et d’éviter une escalade susceptible d’aggraver une situation sécuritaire déjà très tendue. Le tonnerre

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