
Depuis plusieurs années, l’Office National des Transports (ONATRA) traverse une crise profonde, marquée par une dette sociale considérable, des infrastructures vétustes et un outil de production quasi inexistant. Pourtant, une partie de l’opinion continue d’imputer cette situation à l’actuelle Direction générale, sans toujours en connaître les véritables origines.
Lorsque Martin Lukusa est nommé Directeur général de l’ONATRA, il hérite d’une entreprise fragilisée :
- absence d’engins opérationnels,
- infrastructures fortement dégradées,
- accumulation d’arriérés de salaires,
- arrêt du paiement des décomptes finals depuis 2013,
- suspension des cotisations sociales à la CNSS depuis 2017, bien avant son arrivée.
Dans ce contexte extrêmement difficile, le nouveau management n’a pas bénéficié des moyens nécessaires à la mise en œuvre de sa politique. Comme c’est souvent le cas dans les entreprises publiques, l’État, actionnaire unique, nomme des mandataires sans toujours leur accorder les ressources financières, techniques et institutionnelles indispensables à la relance.
Malgré ces contraintes, Martin Lukusa a fait le choix de l’austérité, de la rigueur et de la bonne gouvernance. Son objectif est clair : renouveler progressivement l’outil de production afin de rendre l’ONATRA compétitive et, à terme, indépendante. Cette vision se heurte toutefois à plusieurs obstacles, notamment une politique de réformes étatiques souvent non planifiée et dépourvue d’études de faisabilité, qui finit par freiner les efforts engagés.
Contrairement aux accusations récurrentes, aucun détournement n’a été prouvé à l’encontre de l’actuel comité de direction. La crise de l’ONATRA est avant tout structurelle et systémique. Elle nécessite une réponse collective impliquant l’État, les partenaires sociaux et, à terme, les bailleurs de fonds internationaux. Or, seul le gouvernement peut prendre les engagements nécessaires pour mobiliser ces partenaires.
Il est important de rappeler que l’ONATRA est une entreprise commerciale stratégique, censée gérer les principaux ports du pays. Pourtant, une partie de ces ports a été confiée au secteur privé, réduisant davantage les capacités financières de l’entreprise publique. Malgré cette situation, la Direction générale continue de se battre pour maintenir l’ONATRA en activité et préserver les emplois.
Conscient des limites de son pouvoir en matière d’investissements lourds, Martin Lukusa multiplie néanmoins les efforts pour améliorer, autant que possible, les conditions de travail des agents et redonner espoir aux retraités. Sa démarche repose sur une conviction ferme : la relance de l’ONATRA est possible, mais elle exige du temps, de la patience et surtout l’engagement réel de l’État.
Aujourd’hui plus que jamais, la solution passe par la mobilisation autour d’une délégation syndicale responsable et par un rappel clair des obligations de l’État envers cette entreprise stratégique. Sans cela, l’ONATRA continuera de faire du surplace, malgré la bonne volonté et les sacrifices consentis par son management.
Pour Martin Lukusa, le choix est sans équivoque : relancer l’ONATRA ou rien. Le tonnerre