Depuis l’accession de la République démocratique du Congo à l’indépendance, le pays a expérimenté plus de cinquante dialogues politiques, concertations nationales, forums et accords inclusifs. De Sun City à la Cité de l’Union africaine, en passant par Addis-Abeba, Nairobi, Luanda ou encore les concertations nationales, le mot dialogue est devenu un refrain politique récurrent.
Pourtant, le constat est amer : aucun de ces dialogues n’a apporté une paix durable ni mis fin à la guerre qui endeuille l’Est du pays depuis plus de 66 ans.
Le dialogue comme raccourci vers le pouvoir
Dans la pratique congolaise, le dialogue n’a pas été un outil de résolution des causes profondes de la crise, mais plutôt un mécanisme de recyclage politique.
À chaque crise, on retrouve les mêmes acteurs — opposants politiques et certaines figures de la société civile — qui, lorsqu’ils ne sont pas à la manette, réclament un dialogue. Pourquoi ?
Parce que le dialogue est devenu un moyen détourné pour accéder aux postes gouvernementaux, aux institutions ou aux avantages politiques, sans passer par les urnes ni assumer une responsabilité directe dans la gestion du pays.
L’histoire récente montre que ces dialogues ont surtout :
- Réhabilité les mêmes élites politiques,
- Renforcé les arrangements entre acteurs politiques,
- Affaibli la crédibilité des institutions,
- Et surtout ignoré la souffrance réelle des populations de l’Est.
La guerre avant le dialogue
La RDC n’est pas d’abord confrontée à une crise de dialogue entre Congolais, mais à une guerre d’agression prolongée, alimentée et soutenue de l’extérieur.
Le véritable ennemi du peuple congolais est clairement identifié : le Rwanda de Paul Kagame, avec ses supplétifs armés, notamment le M23, et l’implication historique de l’Ouganda dans l’instabilité de l’Est du pays.
Organiser un dialogue national pendant que :
- Des territoires sont occupés,
- Des civils sont massacrés,
- Des millions de Congolais sont déplacés, revient à mettre la charrue avant les bœufs.
Aucun dialogue sérieux ne peut produire des résultats tant que :
- L’intégrité territoriale n’est pas restaurée,
- Les groupes armés soutenus de l’extérieur ne sont pas neutralisés,
- Et que les agresseurs ne sont pas clairement désignés et combattus sur le plan diplomatique, militaire et économique.
Dialoguer avec qui, et pour quoi faire ?
Dialoguer pendant que l’ennemi est à Goma, à Rutshuru, à Masisi ou à Bunagana, c’est légitimer indirectement l’agression.
C’est aussi envoyer un mauvais signal aux victimes : celui que la classe politique privilégie encore ses intérêts personnels au détriment de la sécurité nationale.
Un dialogue entre Congolais peut être utile après :
- La fin de l’agression,
- Le rétablissement de l’autorité de l’État,
- Et la sécurisation totale du territoire.
Alors seulement, un dialogue pourra servir à :
- Renforcer la cohésion nationale,
- Réformer l’État,
- Et reconstruire le pacte social entre gouvernants et gouvernés.
Après plus de 50 dialogues sans résultats concrets, le peuple congolais est en droit de dire non au dialogue de convenance.
La priorité absolue aujourd’hui n’est pas la redistribution des postes, mais la défense de la souveraineté nationale.
Finissons d’abord la guerre imposée à la RDC par le Rwanda et ses supplétifs.
Rétablissons la paix et l’autorité de l’État.
Le dialogue viendra ensuite, dans un Congo debout, souverain et respecté. le tonnerre