L’Église catholique a été fondée par le Christ pour annoncer la vérité, défendre les opprimés et promouvoir une paix juste. Elle n’a jamais été instituée pour servir de couverture à des manœuvres politiques, encore moins pour légitimer des alliances douteuses entre acteurs responsables, directement ou indirectement, du chaos que traverse la République démocratique du Congo.
Les prises de position et certaines démarches de Mgr Fridolin Ambongo et de Mgr Fulgence Muteba soulèvent aujourd’hui de sérieuses interrogations. Parmi elles, la fameuse rencontre dite de “réconciliation des Katangais”, présentée à l’opinion comme une initiative d’unité et de paix. Dans les faits, de nombreux Congolais y voient plutôt une mascarade politique, destinée à masquer un plan bien calculé entre Joseph Kabila et Moïse Katumbi, deux figures dont les ambitions et les intérêts politiques sont connus.
Sous couvert de réconciliation communautaire, cette initiative n’aurait servi qu’à remettre en scène des acteurs politiques en quête de repositionnement, pendant que le peuple continue de payer le prix du sang, de l’insécurité et de la misère. Utiliser l’Église, ses structures et son autorité morale pour organiser ou bénir ce type de rencontres pose un grave problème éthique.
Plus inquiétant encore, des accusations persistantes circulent sur le fait que des prêtres et responsables religieux auraient été approchés, voire soutenus financièrement, afin de faciliter ces rencontres et d’en garantir la légitimité morale. Si ces allégations sont fondées, elles constituent une dérive grave, une instrumentalisation de la foi au service d’intérêts personnels et politiques, loin de la mission spirituelle et prophétique de l’Église.
Dans le même temps, ces mêmes responsables religieux se montrent particulièrement virulents à l’égard du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, allant jusqu’à diffuser devant les fidèles des informations non vérifiées, voire fausses, notamment sur l’accord de paix de Washington. Parler d’une prétendue vente de 80 % des ressources minières de la RDC pour plus de 90 ans aux États-Unis, alors qu’aucune clause de ce genre n’existe dans le texte de l’accord, relève d’une désinformation grave et irresponsable.
Pourquoi tant d’acharnement contre les institutions légalement établies ?
Pourquoi ce silence, voire cette complaisance, envers ceux dont les régimes ou les alliances ont plongé le pays dans des guerres à répétition ?
Pourquoi vouloir absoudre politiquement certains acteurs tout en diabolisant systématiquement d’autres ?
La paix ne peut être construite sur le mensonge, la manipulation et l’hypocrisie. Elle ne peut pas non plus être négociée dans des salons feutrés, entre élites politiques et religieuses, pendant que des familles congolaises sont massacrées à l’Est du pays. Ceux qui, hier ou aujourd’hui, ont contribué à la déstabilisation de la RDC doivent répondre de leurs actes, et non être blanchis au nom d’une fausse réconciliation.
Les hommes de Dieu sont appelés à être la conscience de la nation, pas des courtiers politiques. L’argent, les calculs d’intérêts et les alliances cachées n’honorent ni l’Église ni la foi qu’ils prétendent défendre.
Le peuple congolais observe, comprend et juge. Il n’acceptera pas que la religion serve de paravent à des projets politiques égoïstes, ni que la souffrance nationale soit exploitée pour repositionner des ambitions personnelles. Le tonnerre