
Un rapport d’enquête publié par l’Agence Intelligence Économique tire la sonnette d’alarme sur la situation préoccupante de la ville de Kinshasa. Intitulé « Kinshasa ezo kufa », ce document pointe principalement la responsabilité de l’Hôtel de Ville dans la gestion des inondations récurrentes qui frappent la capitale congolaise.
Contrairement à certaines affirmations relayées par une partie de la presse et leurs commanditaires, les conclusions de ce rapport indiquent que ces inondations ne relèvent pas uniquement de facteurs naturels, mais résultent en grande partie d’un déficit de planification urbaine et de gouvernance au niveau provincial.
Selon les enquêteurs, la planification urbaine étant une compétence de la province, la prolifération de constructions dans des zones inondables, l’obstruction des voies naturelles d’évacuation des eaux ainsi que l’expansion anarchique de la ville traduisent un manque d’anticipation et de régulation.
Le rapport souligne également que le pouvoir budgétaire et la priorisation des investissements relèvent de la province. L’insuffisance des moyens matériels, le manque d’entretien régulier des infrastructures de drainage et l’absence d’actions préventives illustrent davantage une gouvernance défaillante qu’un simple problème technique.
Par ailleurs, la coordination entre les différentes structures — communes, services d’urbanisme, d’assainissement et de voirie — dépend du leadership provincial. Pour les auteurs du rapport, la répétition des mêmes dégâts à chaque pluie démontre une gestion essentiellement réactive, au lieu d’une stratégie préventive basée sur la cartographie des zones à risque, l’application stricte des interdictions de construire et l’organisation régulière de campagnes d’assainissement.
Ainsi, au-delà des aspects techniques, la crise des inondations à Kinshasa apparaît comme la conséquence d’un manque de planification, d’une mobilisation insuffisante des moyens et d’une volonté politique jugée faible au sommet de la province.
Le magazine Le Tonnerre a pris part à ce point de presse organisé au Salon Kampala de l’hôtel Rotana, où les organisateurs ont présenté les conclusions de cette enquête consacrée à la situation chaotique de la ville de Kinshasa.