Sénégal Ahmadou Al Aminou LO , nouveau premier-ministre

Spread the love

5 jours après le limogeage de Sonko, Diomaye Faye a nommé Amadou Al Aminou Lo premier ministre. Un technocrate qui aura pour mission d’exécuter le programme du président sans lui faire ombrage. M aïs les sénégalais craignent qu’il ne s’agissent d’un chef de gouvernement  » béni oui-oui ».

Le Sénégal inaugure peut-être une nouvelle formule politique : tout bouge, mais l’essentiel demeure. Avec la nomination de Ahmadou Al Aminou Lo à la Primature, le président Bassirou Diomaye Faye fait le pari de la technocratie plutôt que de la confrontation politique.
Loin des tribuns et des joutes médiatiques, le nouveau chef du gouvernement arrive avec un profil de gestionnaire rigoureux, forgé dans les institutions financières et les mécanismes budgétaires. À l’heure où la politique sénégalaise se nourrit de discours et de symboles, c’est un homme des chiffres qui hérite des commandes.

Mais cette nomination dépasse largement le simple choix d’un Premier ministre. Pendant qu’Ahmadou Al Aminou Lo sera chargé de piloter l’administration, de surveiller les finances publiques et de maintenir le cap du programme Sénégal 2050, Ousmane Sonko s’apprête à retrouver l’Assemblée nationale, où se jouera une grande partie de la bataille politique.
Le schéma semble clair : à Al Aminou Lo la gestion de l’État, à Sonko l’animation du rapport de force politique. Une répartition des rôles qui ressemble davantage à une réorganisation stratégique qu’à une rupture au sommet de l’exécutif.
Mais les premières déclarations du
nouveau Premier ministre ont déjà donné le ton. Pour beaucoup, le message est clair : Sénégalais, préparez-vous à des mesures de rigueur. Derrière le langage technocratique de la « vérité des prix » se profile la perspective d’une hausse des prix des denrées et des carburants, une option que beaucoup estiment qu’Ousmane Sonko avait jusque-là refusé d’assumer.

Une autre interrogation demeure : Ahmadou Al Aminou Lo sera-t-il un Premier ministre de décision ou un simple exécutant ? Les Sénégalais craignent déjà l’arrivée d’un Premier ministre « béni oui-oui ». Si le Président dit noir, il répondra « noir foncé » ; si le Président dit blanc, il répliquera « blanc éclatant ». Une harmonie institutionnelle parfaite qui rassure les uns et inquiète les autres.
Quant à la reddition des comptes qu’il promet avec fermeté, les Sénégalais ont désormais une seule réponse : nous attendons de voir. Car au Sénégal, les discours ne sont plus jugés à l’applaudimètre mais au thermomètre du panier de la ménagère et au verdict des faits.

Pendant que Sonko tentera d’électriser le Parlement, Ahmadou Al Aminou Lo devra, lui, électrifier l’économie. Et dans le Sénégal de 2026, réussir un budget convaincant pourrait s’avérer plus difficile que réussir un discours applaudi.

Mohamed Mboyo

Share

Related posts

Leave a Comment