Jeunesse congolaise : cessez d’être les marchepieds des ambitions politiques

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La jeunesse congolaise doit aujourd’hui ouvrir les yeux. Trop longtemps, elle a été utilisée comme une force de mobilisation au service d’intérêts politiques qui ne sont pas les siens. À chaque période de tension ou de conquête du pouvoir, ce sont les jeunes que l’on appelle à descendre dans la rue, à risquer leur vie, à défendre des causes qui, au final, ne leur profitent jamais réellement.

Aujourd’hui encore, certains acteurs de l’opposition n’hésitent pas à faire appel à la jeunesse pour organiser des marches, des sit-in ou des actions de pression, souvent sans encadrement réel ni garanties pour leur sécurité. Ces mobilisations sont présentées comme des combats pour le peuple, mais elles servent bien souvent des intérêts personnels ou des ambitions politiques. Pendant que les jeunes affrontent les risques sur le terrain, les véritables bénéficiaires restent à l’abri.

Une fois le pouvoir acquis — ou même lorsqu’il s’agit simplement de gagner en visibilité politique — le constat est toujours le même : ceux qui ont combattu sont oubliés. Les promesses disparaissent, les sacrifices sont ignorés, et les postes stratégiques sont confiés à d’autres – souvent à des personnes qui n’ont jamais partagé les luttes du terrain, parfois même à des profils venus de l’extérieur, loin des réalités vécues par cette jeunesse engagée.

Ce cycle d’exploitation doit cesser.

La jeunesse ne doit plus être une simple masse manipulable, prête à se sacrifier pour des miettes. Elle doit comprendre qu’elle représente une force, mais une force qui doit être consciente, organisée et indépendante. S’engager aveuglément derrière un leader politique sans vision claire, sans garanties concrètes, c’est accepter d’être instrumentalisé.

Il est temps pour les jeunes Congolais de redéfinir leurs priorités. Se battre pour sa liberté ne signifie pas servir les intérêts d’autrui, mais défendre ses propres droits, son avenir, son éducation, son emploi et sa dignité. Cela passe par une prise de conscience collective, une formation citoyenne et une capacité à exiger des comptes.

La jeunesse doit apprendre à poser des conditions, à refuser la manipulation et à barrer la route à tous les projets politiques qui utilisent les jeunes comme boucliers ou comme outils de pression sans perspectives concrètes. Elle doit privilégier des engagements qui apportent un réel changement et refuser de servir de tremplin à des ambitions individuelles.

L’histoire nous a déjà suffisamment montré les erreurs du passé. Les répéter aujourd’hui serait une faute grave.

Jeunesse congolaise, ne sois plus un outil. Deviens une force consciente, exigeante et maîtresse de son destin.

LE TONNERRE

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