Sénégal : Après l’adoption de la Loi portantportant révision de la Constitution, que va faire Diomaye ?

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Lundi dernier, les députés de Pastef, parti majoritaire à l’assemblée nationale sénégalaise, ont voté à 100% la Loi portant révision de la Constitution. Mais, ce qui devait être une occasion de cohésion nationale, a plutôt provoqué des divergences sur plusieurs sujets entre l’exécutif et le législatif.

Alors qu’au départ, le président Diomaye s’était publiquement prononcé en faveur de la déclaration de patrimoine à l’entrée comme à la fin de fonction du président de la république , il a changé de position pendant que la Proposition de révision de la Constitution faisait l’objet de lecture en commission. Il en est de même du cumul des fonctions de président et de chef de parti. Là aussi, l’ancien lieutenant de Ousmane Sonko a renié sa parole.

Finalement, là où il s’attendait à ce que les députés de Pastef lâchent du lest et donnent quitus à ses reniements, ceux-ci ont répondu par un rejet absolu de tous les amendements gouvernementaux proposés par Moussa Sarr, ministre de la Justice et Garde des Sceaux.

Que doit maintenant faire Diomaye Faye ?

Le président sénégalais a deux options : promulguer la Loi ou la soumettre à référendum. Si promulguer la loi semble être la voie la plus simple et peu onéreuse, Diomaye, par la voix de son ministre de la Justice et Garde des Sceaux, a laissé entendre qu’il pouvait demander l’avis direct du peuple par voie référendaire. Seulement, de nombreux spécialistes de la politique sénégalaise estiment que cette option est très risquée pour le président et surtout inappropriée eu égard au coût qu’il peut occasionner dans un contexte où le Sénégal est embourbé dans une crise économique due notamment à la dette cachée que le gouvernement de Macky Sall a laissée à l’état sénégalais.

Face à ce dilemme, le maître du jeu, Ousmane Sonko, lui a simplement suggéré :  » Monsieur le Président, je vous conseille de promulguer la loi afin d’éviter au pays un référendum qui n’est pas nécessaire  ».

Avant Sonko, Abdoulaye Tine, conseiller et porte-parole du chef de l’Etat sénégalais, avait émis l’idée que le référendum était dans l’esprit du président mais  » qu’il était très risqué dans les conditions actuelkes ».

Peut-t-il oser la voie du référendum ou promulguer une loi qui a recalé toutes ses ambitions ? Sans être dans la tête du locataire du Palais de la République, la sagesse pousse à croire que le bon choix est de promulguer la loi contre son gré. Car, la voie des urnes est loin de lui être favorable. Ne disposant pas d’appareil politique à même de l’aider à défier le rouleau compresseur qu’est le Pastef et son très populaire leader Ousmane Sonko, il gagnerait à éviter un désaveu du peuple. Mais comme  » jamais  » n’est pas un mot qui effraie les hommes politiques, rien n’est moins sûr.

Mohamed Mboyo Ey’ekula

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