À l’occasion de la commémoration du Génocost, le docteur Denis Mukwege a livré un message fort, mêlant devoir de mémoire et appel à des réformes profondes. Face aux millions de victimes des violences qui ont endeuillé la République démocratique du Congo, le Prix Nobel de la paix a dénoncé sans détour les réseaux d’intérêts économiques liés à l’exploitation des minerais stratégiques, pointant également des complicités internes qui, selon lui, ont facilité ces tragédies.
Dans un ton résolument engagé, Mukwege a élargi son discours à la situation politique actuelle. Il a exhorté les autorités congolaises à abandonner toute initiative visant à modifier la Constitution pour prolonger le mandat présidentiel, estimant qu’un tel projet risquerait de fragiliser davantage les équilibres institutionnels du pays.
Mais au-delà des critiques, le médecin de Panzi a surtout insisté sur la nécessité d’une justice transitionnelle crédible. Il plaide pour la mise en place d’un Tribunal pénal spécial, appuyé par des chambres mixtes, afin de juger les crimes commis, ainsi que pour la création d’un mémorial national dédié aux victimes.
À travers cette prise de parole, Denis Mukwege rappelle que la paix durable en RDC ne peut se construire sans vérité, sans justice, et sans mémoire.
LE TONNERRE