Thème : « La Jeunesse face au chômage : le travail, précieux trésor de l’homme »
Sous-thème : Formation des Jeunes Ambassadeurs Universels de la Paix en Afrique
Lieu : Université Marien Ngouabi
Date : 12 Août 2026
INTRODUCTION
Excellences,
Mesdames et Messieurs les Autorités,
Chers Professeurs,
Chers camarades étudiants,
Chers Jeunes,
Distingués invités,
C’est un honneur de me tenir devant vous aujourd’hui, en cette Journée Internationale de la Jeunesse, instituée par la Résolution 54/120 de l’Assemblée Générale des Nations Unies du 17 décembre 1999.
Cette journée nous rappelle que la jeunesse n’est pas “le problème de demain”, elle est “la solution d’aujourd’hui”, comme le proclame l’Agenda 2030 des Nations Unies, particulièrement à travers l’ODD 8 : “Promouvoir une croissance économique soutenue, partagée et durable, le plein emploi productif et un travail décent pour tous” et l’ODD 16 : “Promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques et inclusives”.
Notre thème nous interpelle : “La Jeunesse face au chômage : le travail, précieux trésor de l’homme”.
Et notre sous-thème l’éclaire : “La formation des Jeunes Ambassadeurs Universels de la Paix en Afrique”.
Car il n’y a pas de vrai travail là où il n’y a pas la paix. Et il n’y a pas de paix durable là où la jeunesse est au chômage et désespérée.
I. LE TRAVAIL : PRÉCIEUX TRÉSOR DE L’HOMME ET DROIT FONDAMENTAL
Le travail n’est pas une punition. Le travail est une dignité et un droit.
La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, article 23, dispose : « Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail ».
Le Pacte International relatif aux Droits Économiques, Sociaux et Culturels, article 6, reconnaît « le droit au travail, qui comprend le droit qu’a toute personne d’obtenir la possibilité de gagner sa vie par un travail librement choisi ou accepté ».
Le chômage chez les jeunes n’est pas seulement un problème économique. C’est une violation de ce droit fondamental. Il vole l’espérance, il nourrit la frustration, il ouvre la porte à la violence et au recrutement par les forces du mal.
En Afrique, notre plus grande richesse, c’est notre jeunesse. Or, la Charte Africaine de la Jeunesse, article 14, adoptée par l’Union Africaine, oblige les États à « garantir à chaque jeune la possibilité de gagner sa vie grâce à un travail librement choisi » et à « élaborer des politiques visant à éradiquer le chômage des jeunes ».
Une jeunesse sans emploi est une bombe à retardement. Une jeunesse avec un travail décent est un moteur de développement.
II. LA PAIX : PRÉALABLE INDISPENSABLE AU TRAVAIL ET OBLIGATION INTERNATIONALE
Une question simple mais fondamentale est celle de savoir : quel travail peut prospérer dans l’insécurité ?
Le Conseil de Sécurité des Nations Unies, dans sa Résolution 2250 de 2015 sur « Jeunesse, Paix et Sécurité », reconnaît pour la première fois que les jeunes jouent un rôle crucial dans la prévention des conflits et la consolidation de la paix. Elle exhorte les États à accroître la représentation des jeunes dans les processus de paix.
La Charte Africaine de la Jeunesse, article 17, va plus loin : elle demande aux États de « promouvoir une culture de la paix et de la tolérance chez les jeunes » et de « les impliquer dans les initiatives de prévention des conflits ».
La paix est le premier capital. La cohésion sociale est la première infrastructure.
Nous ne pouvons donc pas dissocier la lutte contre le chômage de la promotion de la culture de la paix.
Il nous faut les deux : du pain et la paix. Des compétences et des valeurs.
III. LE PROGRAMME DES JEUNES AMBASSADEURS UNIVERSELS DE LA PAIX : UNE RÉPONSE CONFORME AUX ENGAGEMENTS INTERNATIONAUX
C’est pour répondre à ce double défi que la Fondation Congolaise pour la Promotion des Droits Humains et la Paix (FOCDP), en partenariat avec le Réseau International des Universités sur les Enfants dans les Conflits Armés de Rome et la Fondation Calixte MUNANA, a initié un programme mondial stratifié : « La Formation des Jeunes Ambassadeurs Universels de la Paix en Afrique ».
Ce programme répond directement à l’appel de la Déclaration et Programme d’Action sur une Culture de la Paix de l’ONU, Résolution 53/243 de 1999, qui invite à « éduquer à la paix dès le plus jeune âge ».
Ce programme est déjà expérimenté dans 47 Universités de la République Démocratique du Congo et d’Afrique. Des milliers de jeunes y participent déjà.
Le programme de formation des Jeunes Ambassadeurs Universels de la Paix n’est pas un simple séminaire. C’est un parcours de vie qui commence au primaire, se poursuit au secondaire, se consolide à l’université et s’accomplit dans la vie professionnelle.
Ses 3 objectifs sont en parfaite cohérence avec le droit international. Il s’agit de :
- Former à la Culture de la Paix : Conformément à l’article 29 de la Convention relative aux Droits de l’Enfant qui vise « l’éducation à la paix ».
- Opérer un Changement de Mentalité : Pour bâtir des sociétés résilientes comme le demande l’ODD 4.7 sur l’éducation au développement durable et à la paix.
- Préparer des Jeunes Responsables : Des Bâtisseurs de Paix dans leurs milieux de travail, en accord avec la Résolution 2250 de l’ONU qui fait des jeunes des partenaires et non des victimes.
L’Afrique n’a pas seulement besoin des jeunes qui cherchent du travail. Elle nécessite des jeunes qui créent du travail et qui créent la paix au travail.
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
Chers jeunes,
Le travail est un trésor. Mais le plus grand trésor que vous pouvez porter, c’est la Paix.
En marge de cette conférence de Brazzaville, je voudrais une fois de plus rappeler à toutes les femmes africaines et tous les hommes africains que l’on ne lègue pas à la jeunesse des défis, mais plutôt l’héritage des bonnes pratiques fondées sur la culture de la Paix, la bonne gouvernance, le respect de la dignité humaine et la culture africaine. À cet effet, je lance un appel aux États, aux Universités et aux Partenaires :
Mettons en œuvre la Résolution 2250 de l’ONU et la Charte Africaine de la Jeunesse. Finançons la Paix des jeunes comme nous finançons la guerre. Car chaque dollar investi dans la formation d’un jeune à la Paix est un million d’économisés dans la guerre.
Les Saintes Écritures bibliques nous disent : « Heureux les Artisans de la Paix, car ils seront appelés Fils de Dieu » (Matthieu 5:9).
Que Dieu bénisse la jeunesse de la République du Congo,
Que Dieu bénisse la jeunesse de l’Afrique.
Et que le travail redevienne pour chacun de nos jeunes le précieux trésor qu’il est.
Je vous remercie.
Mgr Prof. Pax André Marie KITO MASIMANGO
Bâtisseur Universel de la Paix
Président de la FOCDP
RÉFÉRENCES JURIDIQUES CITÉES :
- Résolution AGNU 54/120 : Institution de la Journée Internationale de la Jeunesse, 12 Août.
- DUDH, Art. 23 et PIDESC, Art. 6 : Droit au travail décent.
- Charte Africaine de la Jeunesse, Art. 14 et 17 : Emploi et Culture de la Paix.
- Résolution CSNU 2250 : Jeunesse, Paix et Sécurité.
- ODD 8 et ODD 16 : Travail décent et Paix. Le tonnerre