Toujours très pertinent dans ses analyses, nous avons une fois de plus fait parler Le Vice Président du CAMP DE LA PATRIE, en charge de la Diaspora, de l’Entrepreuneuriat et de la Jeunesse, Monsieur Anthony Kitenge, sur la décision de l’ancien Chef de l’État, Joseph Kabila, de reprendre la tête du mouvement rebelle AFC-M23, débaptisé Front pour la Refondation de la Nation, FRN en sigle.
Sur cette question, Anthony Kitenge s’est dit très révolté de voir un ancien Président de la République, certainement aveuglé par sa soif inextinguible de pouvoir, prendre une décision aussi dégradante aux conséquences graves.
Suivons l’intégralité de l’interview du Vice-Président du Camp de la Patrie a accordée à notre rédaction.
1.Monsieur Anthony Kitenge, l’actualité de la RDC reste dominée par l’annonce de l’ancien Président Joseph Kabila de prendre la tête de la rébellion de l’AFC-M23, rebaptisé FRN. Quelle est votre réaction à chaud. Êtes-vous surpris par sa décision ?
Je ne suis pas surpris, je suis révolté mais lucide. Joseph Kabila aurait pu entrer dans l’histoire comme un Mandela, comme un Cristiano Ronaldo de la politique qui se retire au sommet. Mais sa soif inextinguible de pouvoir l’a aveuglé.
Aujourd’hui, le masque tombe. Nous comprenons enfin pourquoi notre armée était volontairement affaiblie pendant 18 ans, pourquoi les brassages et mixages ont détruit la chaîne de commandement, pourquoi les arsenaux étaient vides. C’était un plan délibéré pour garder le pays faible.
Moi, Anthony Kitenge, fils de la Diaspora, je le dis haut et fort, nous ne lui laisserons pas un millimètre de notre territoire. J’appelle tout le peuple congolais à se ranger comme un seul homme derrière le Chef de l’État, Son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, garant de la Nation. Les actes de Joseph Kabila, devenu officiellement rebelle contre la RDC, doivent être condamnés sans ambiguïté par tous. C’est dommage pour son histoire personnelle, mais c’est son choix. Le monde libre doit condamner et la communauté internationale doit soutenir le peuple congolais et son leadership légitime.
2.En ce moment, le Chef de l’Etat se prépare à convoquer le dialogue national inclusif où la question de la refondation de l’Etat a été retenue parmi les grands thèmes. Ce forum national a-t-il encore sa raison d’être ?
Oui, ce forum a plus que jamais sa raison d’être, mais à une condition non négociable que j’ai toujours défendue, il doit se faire avec les Congolais qui n’ont jamais pris les armes contre la République.
On ne dialogue pas avec ceux qui égorgent nos mères à l’Est, qui violent nos sœurs et qui occupent nos territoires avec l’armée rwandaise. Le dialogue national inclusif, c’est pour les forces vives de la Nation, les partis politiques républicains, la société civile, la diaspora, les confessions religieuses, pour refonder notre État, corriger les erreurs de la Constitution et sceller le pacte républicain autour du Président Tshisekedi. Les traîtres et les porteurs d’armes doivent répondre devant la justice, pas s’asseoir à la table du dialogue.
3.Concrètement, que pouvez-vous préconiser comme attitude à prendre face aux aspirations belliqueuses de Kabila dont on dit exécuter l’agenda du Rwanda ?
Il n’y a qu’une seule attitude républicaine : l’application stricte de la loi et la justice internationale.
Joseph Kabila doit être déféré devant la justice congolaise pour haute trahison et son dossier doit être transmis à la Cour Pénale Internationale à La Haye pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et agression contre un État souverain. On ne négocie pas avec un traître qui exécute l’agenda de Kigali. Son nom ne doit plus être cité avec honneur dans les institutions. Il doit être déchu de tous ses avantages d’ancien Chef d’État et traité comme ce qu’il est devenu : le chef d’une milice supplétive du Rwanda. Tolérance zéro.
4.Vous connaissez très bien la Belgique. Des perquisitions ont été faites dans la résidence du Président Félix Tshisekedi, alors qu’il n’est pas concerné par les plaintes contre ses proches. Comment interprétez-vous cette démarche judiciaire qui semble fouler au pied les immunités dues à un Chef de l’Etat en exercice ?
En tant que Congolais, je connais le sérieux de l’État de droit belge. Mais ici, il y a une ligne rouge qui a été franchie.
La résidence d’un Chef d’État en exercice, même privée, bénéficie d’une immunité totale et inviolable selon la Convention de Vienne et le droit international coutumier. Le Président Félix Tshisekedi n’est pas visé par aucune plainte. S’attaquer à sa résidence, c’est s’attaquer au symbole de la souveraineté de 100 millions de Congolais. C’est inacceptable.
Je demande aux autorités belges de clarifier immédiatement cette bavure judiciaire et de présenter des garanties. Nous, diaspora, soutenons notre Président. Cette démarche maladroite ne fait que renforcer la détermination du Chef de l’État à défendre la dignité du Congo partout dans le monde.
5.La Belgique qui a condamné hier la violation de l’intégrité territoriale de la RDC par le Rwanda, reste silencieuse sur les prétentions de Joseph Kabila de renverser les institutions étatiques de la RDC. Est-ce la fin de l’idylle entre le Congo et la Belgique ?
Non, il n’y a aucune fin de l’idylle entre le Royaume de Belgiquet et la RDC. Au contraire, la relation n’a jamais été aussi forte et stratégique qu’avec le Président Félix Tshisekedi.
La Belgique est un partenaire historique et essentiel. Elle a eu le courage de condamner clairement l’agression rwandaise, de suspendre sa coopération militaire avec Kigali et de porter la voix du Congo à l’Union Européenne. C’est un acte fort à saluer.
Sur Joseph Kabila, le silence de Bruxelles est un silence diplomatique et judiciaire. La Belgique, État de droit, ne peut pas soutenir un individu qui appelle au renversement d’institutions démocratiquement élues. Je suis convaincu que Bruxelles, comme toute la communauté internationale, soutiendra le pouvoir légitime de Kinshasa et la vision du Président Tshisekedi pour la stabilité et la prospérité.
7.Comment entrevoyez-vous la situation sécuritaire et politique de la RDC d’ici à la fin de l’année ?
Je suis très optimiste.
Sur le plan sécuritaire : d’ici la fin de l’année, grâce à la montée en puissance des FARDC, au soutien des forces patriotiques Wazalendo, à la pression diplomatique et aux sanctions contre le Rwanda, nous allons voir la reconquête progressive de nos territoires. L’État va réaffirmer son autorité. La stratégie du Chef de l’État qui consiste à isoler diplomatiquement les agresseurs et à renforcer notre armée va payer. La paix va revenir.
Sur le plan politique, le dialogue national va sceller l’unité nationale autour du Chef de l’État. Les Congolais vont comprendre que l’ennemi n’est pas entre nous, mais celui qui arme les rebelles. Le pays va se refonder autour d’un nationalisme positif, d’une économie plus souveraine et d’une justice qui ne protège plus les intouchables. L’année 2026 finira avec un Congo plus fort, plus uni et plus respecté.
8.Votre mot de la fin
Mon mot de la fin s’adresse à la jeunesse et à la diaspora.
Mon pays ne tombera jamais. Le Congo est plus grand que tous les traîtres réunis. À tous les jeunes qui me suivent, ne vous laissez pas manipuler par ceux qui ont pillé ce pays pendant 18 ans et qui veulent revenir par les armes.
Restons unis derrière notre Chef, le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Il porte le combat de la souveraineté que Patrice Lumumba a commencé. L’histoire retiendra ceux qui ont défendu la Patrie.
Que Dieu bénisse la RDC, que Dieu bénisse le Président Félix Tshisekedi.
Nous vaincrons.
Propos recueillis par la rédaction du Magazine Le Tonnerre.