Une tribune historique. Ce lundi, sous la présidence congolaise du Conseil de sécurité, la ministre Thérèse Kayikwamba offre une scène directe aux victimes de l’Est de la RDC. L’objectif : dénoncer, preuves à l’appui, les massacres et l’exploitation illégale des minerais orchestrés par le Rwanda et ses supplétifs du M23 .

Cette réunion, organisée selon la formule informelle « Arria », permet de s’affranchir du protocole diplomatique . Elle offre un cadre d’échanges directs entre les membres du Conseil de sécurité, des experts indépendants, la société civile, et surtout les victimes des violences, des déplacements forcés et des violences sexuelles .
Un plaidoyer pour la vérité et la justice
À travers cette initiative, Kinshasa entend exposer de manière crue les conséquences humaines et sécuritaires de l’agression rwandaise. La ministre Kayikwamba, qui préside la séance, dispose d’un dossier accablant pour étayer l’accusation de pillage systématique. Selon un récent rapport d’experts de l’ONU, la coalition AFC-M23 exporte frauduleusement environ 120 tonnes de coltan par mois depuis la mine de Rubaya vers le Rwanda, générant près de 800 000 dollars mensuels pour les rebelles .
Ces ressources, essentielles à l’industrie technologique mondiale, sont au cœur d’une économie de guerre qui prolonge les souffrances des populations . La RDC espère que ce témoignage « sans filtre » poussera les grandes puissances à agir. La présidence congolaise du Conseil, qui a débuté le 1er juillet, est mise à profit pour promouvoir une gouvernance plus stricte des ressources naturelles et lutter contre l’impunité .
Un tournant diplomatique ?
Cette séance marque une étape cruciale dans la stratégie diplomatique de la RDC. En donnant la parole aux victimes devant les principales puissances mondiales, Kinshasa ne se contente plus de dénoncer ; elle confronte la communauté internationale à la réalité de l’exploitation qu’elle subit . L’enjeu est de taille : transformer cette prise de conscience en mesures coercitives concrètes contre le Rwanda et ses alliés.
Le format Arria, créé en 1992, est un outil privilégié pour éclairer les délibérations du Conseil de sécurité sur des sujets sensibles.
le tonnerre