Après l’invalidation de la Loi portant révision de la Constitution, Ousmane Sonko a décidé de passer à la cohabitation corsée avec Diomaye Faye. Hier dimanche, le leader du Pastef a brandi la menace d’une motion de censure pour faire tomber le gouvernement de Al Amine Lo.
Le Sénégal vient d’entrer dans la phase de la cohabitation musclée entre le président et le parti majoritaire à l’assemblée nationale. Si jusqu’avant dimanche Ousmane Sonko, président de l’assemblée nationale et leader du Pastef, avait montré des dispositions à œuvrer dans le sens d’une cohabitation douce avec Diomaye Faye et son gouvernement, hier à Mbacke, sud du Sénégal, le discours à changé et le ton est monté d’un cran. ‘
‘ ‘Diomaye Faye a trahi les engagements pour lesquels il a été élu et surtout trahi le projet de Pastef qui avait servi de soubassement à la présidentielle de 2024 et, aujourd’hui, il compose avec le système que nous avons combattu pendant 10 ans et dont nous sommes parvenus à déboulonner », a soutenu Ousmane Sonko devant une marrée humaine venue l’ acceuillir à Mbacke au sud du pays.
Ousmane Sonko ne s’est pas arrêté là. Dans un réquisitoire virilante, il a déploré le recyclage politique qu’effectue son ancien lieutenant et menacé. » Désormais, Diomaye doit savoir que nous n’allons plus le laisser faire et nous allons commencer par la motion de censure contre son gouvernement », a-t-il prévenu. Et d’ajouter :’ ‘ Je lui ai fait confiance, je lui ai donné des responsabilités au sein du parti et je l’ ai désigné pour être candidat à la présidentielle, mais je me suis rendu compte qu’il avait un autre agenda. Il voulait même créer son parti au sein du Pastef », à accusé Ousmane Sonko.
‘ ‘Nous allons faire respecter les engagements pris et malgré ses manigances, notamment son recours auprès du Conseil Constitutionel, nous ne laisserons personne aller à l’ encontre des intérêts du peuple sénégalais », a tout autant averti l’ homme qui incarne la vraie légitimité populaire au Sénégal. Sur justement du soutien populaire qui lui a permis d’avoir une majorité populaire à l’assemblée nationale, le président de l’assemblée nationale du Sénégal attend utiliser tous les leviers à sa disposition pour empêcher que Diomaye Faye ne revienne aux pratiques de l’ancien système. Hormis l’arme que constitue la motion de censure, il a également comme mécanisme : le contrôle de l’action du gouvernement, le vote des lois ainsi que les amendements des projets de loi émanant du gouvernement.
Dans ce contexte, le Sénégal entre dans une phase de sa démocratie dans laquelle l’assemblée nationale attend jouer pleinement son rôle de pouvoir législatif et surtout de contre pouvoir par rapport à un exécutif qui n’est pas du même bord que la majorité parlementaire.
Mohamed Mboyo Ey’ekula