Alors que le président Tshisekedi pose des conditions strictes pour un éventuel dialogue, une question déchire la nation : faut-il s’asseoir à la table de ceux qui ont massacré des Congolais et pillé leurs ressources ? L’idée même d’un dialogue avec la CENCO, accusée d’être la représentante officieuse de Kagame et Kabila sur le sol congolais, soulève une colère légitime. Pourquoi dialoguer avec la CENCO, c’est accepter de négocier avec les ennemis de la RDC ?
La CENCO, porte-voix de Kabila et des rebelles
La position de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a franchi une ligne rouge pour de nombreux Congolais. En octobre 2025, après la condamnation à mort de l’ancien président Joseph Kabila par la Haute Cour militaire, la CENCO s’est dite « horrifiée » par ce verdict qu’elle juge incompatible avec l’Évangile .
Mais au-delà de l’opposition à la peine de mort, la CENCO a profité de cette occasion pour réclamer un dialogue inclusif avec Joseph Kabila et les groupes rebelles . Ses dirigeants estiment que « la paix et la stabilité en RDC ne pourront s’obtenir que par un dialogue inclusif » impliquant l’ensemble des acteurs, y compris l’AFC/M23 .
Cette prise de position n’est pas un incident isolé. Dès février 2025, une délégation de la CENCO et de l’ECC s’est rendue à Goma pour rencontrer les dirigeants du M23 et de l’AFC, notamment Corneille Nangaa, coordinateur de l’Alliance Fleuve Congo . Le secrétaire général de la CENCO, Mgr Donatien Nshole, a présenté la « méthodologie du pacte social pour vivre ensemble » aux rebelles, qui se sont dits « ouverts au dialogue » .
Pour justifier cette démarche, la CENCO affirme vouloir « convaincre que la lutte armée n’est pas la solution » . Mais aux yeux des Congolais, cette « médiation » revient à légitimer des criminels de guerre.
La vision du chef de l’État : des élections, pas un dialogue avec les criminels
Le président Félix Tshisekedi a été clair : un éventuel dialogue doit se tenir sur le sol national, être conduit par les institutions de la République, et ne saurait être invoqué « pour relativiser une agression ni pour diluer les responsabilités établies » .
Le Chef de l’État rejette l’idée de négocier avec des personnes « animées du seul désir de saboter et de renverser les institutions de la RDC ». La position présidentielle est soutenue par des initiatives citoyennes comme le Front Anti-Dialogue, qui a recueilli un million de signatures contre toute nouvelle concertation perçue comme un « arrangement entre élites » .
Pour le pouvoir, la voie est claire : quiconque souhaite participer à la gestion de l’État doit le faire via les institutions officielles, c’est-à-dire les élections. C’est le seul cadre légitime pour accéder au pouvoir.
Un peuple meurtri ne peut accepter de dialoguer avec ses bourreaux
Les Congolais de l’Est vivent un calvaire quotidien depuis des décennies. Comment accepter que des responsables de massacres puissent aujourd’hui prétendre discuter des conditions de paix ? La CENCO, en se faisant l’avocate d’un dialogue incluant Kabila et l’AFC/M23, s’assied à la même table que ceux qui pillent et tuent.
Le Président de la République doit rester du côté de la population qui s’est donnée à lui et qui ne veut pas voir les bourreaux devenir des interlocuteurs politiques. Les élections restent le seul cadre démocratique pour accéder aux responsabilités. Tout autre processus, surtout lorsqu’il est orchestré par des acteurs aux liens troubles avec les ennemis de la nation, est un affront à la mémoire des victimes.
Le peuple congolais, meurtri mais debout, n’est pas prêt à vendre sa dignité pour une « paix » négociée avec ceux qui ne cessent de l’humilier.
LE TONNERRE