RDC : Au pays des dialogues, l’impunité devient la règle.

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Par la bouche du Cardinal catholique Fridolin Ambongo Besungu, l’opinion a appris avec stupéfaction que le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui venait de recevoir en audience les chefs des confessions religieuses à la Cité de l’Union Africaine, le vendredi 17 juillet 2026, a levé l’option pour la tenue d’un nième dialogue intercongolais inclusif, dans les prochains jours.

La question qui taraude les esprits de nombreux congolais présentement, c’est celle de savoir ce qui a changé entre le moment où le Chef de l’Etat ne voulait pas de ce dialogue et aujourd’hui où il décide enfin de le convoquer.

Sans que l’on sache exactement ce qui aurait fondé la conviction du Président de la République pour saisir la perche lui tendue par les évêques catholiques et quelques pasteurs de l’Eglise du Christ au Congo (ECC), d’aucuns craignent que Félix Tshisekedi ne puisse conduire la RDC vers une nouvelle période de domination des forces obscures et d’ingouvernalabilité.

Dans ce pays, nous savons comment les dialogues commencent, se tiennent et s’organisent. Ceux qui ont pris les armes contre la République dialoguent avec le pouvoir, sous la médiation d’un prélat catholique et la participation de la société civile politisée. On vote par consensus des résolutions, le Président de la République en fonction entérine, on se partage les postes ministériels entre belligérants, on brasse les armées, les évêques touchent et les participants touchent des perdiems, on oublie tout.

Ce qui est terrible dans cette affaire, c’est le fait que des gens qui ont violé, pillé les ressources naturelles du pays avec la complicité des étrangers, massacré des populations innocentes, vont se voir récompenser en raison des atrocités qu’ils ont commises. Pire, personne ne parlera ni ne défendra les victimes dans ce dialogue. Au contraire, on débattra de la loi de l’amnistie pour accorder l’impunité aux zouaves porteurs d’armes et autres seigneurs de guerre. Lorsque ces choses se passent, le monde nous observe, sidéré par l’irresponsabilité collective des congolais.
Car, voyez-vous, de la conférence nationale souveraine, en passant par le dialogue intercongolais de Sun-City jusqu’à celui du Centre Interdiocésain de Kinshasa-Gombe, d’aucuns savent, avec recul et par expérience, que toutes ces rencontres politiques n’ont pas fait avancer le pays, au motif qu’elles n’ont pas permis l’atteinte des objectifs de paix, de cohésion nationale et fonctionnement démocratique des institutions républicaines leur fixés.
Et donc, que huit ans après le dernier dialogue qui a eu lieu en 2018, on revienne sur la même recette qui a échoué, il y a lieu de nous poser des vraies questions sur notre propre nature en tant que peuple. Sommes-nous un peuple réfléchi, qui tient à bâtir un pays plus beau qu’avant ? Jusqu’à allons-nous accorder la prime aux congolais qui utilisent la violence armée pour accéder au pouvoir ? Combien de temps les pouvoirs successifs dans ce pays accepteront-ils de subir le diktat des évêques catholiques qui se sont octroyés le droit de régenter la politique et l’exercice démocratique en République Démocratique du Congo, en violation du cadre légal et institutionnel ? A chacun ses réponses à toutes ces interrogations.

Pays des rébellions et des dialogues ininterrompus, la RDC est devenue une terre de culture d’impunité qui, désormais, pousse des frustrés et des insatisfaits parmi ses enfants de recourir aux armes, afin d’accéder, après avoir massacré la population congolaise, au pouvoir avec la bénédiction des évêques catholiques et pasteurs protestants. L’histoire jugera !

Le Tonnerre

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