Dans une correspondance officielle adressée au Président du Conseil d’Administration de la Société Nationale d’Électricité (SNEL SA), l’Administrateur et Directeur Général, le Professeur Teddy Lwamba Muba, rejette catégoriquement les accusations de conflit d’intérêts liées au partenariat stratégique avec la société Twiga Power. Le document, daté du 12 octobre 2026, révèle une profonde crise de gouvernance au sein de l’entreprise publique.
Un partenariat sous haute tension
L’objet de la discorde porte sur le pacte d’actionnaires signé le 21 mai 2026 entre la SNEL SA et la société Twiga Power, dans le cadre du projet stratégique de construction de la centrale hydroélectrique de Kibombo. Le Conseil d’Administration, par le biais d’une précédente lettre (n° SNEL/PCA/LMB/133/2026), avait soulevé des préoccupations majeures quant à la nature des relations entre les deux entités et l’existence potentielle de liens entre Twiga Power et des dirigeants ou agents de la SNEL.
La défense du Directeur Général
Dans sa réponse, le Directeur Général apporte une clarification juridique pointue pour démonter les arguments du Conseil. Il rappelle que Twiga Power est constituée sous la forme d’une Société à Responsabilité Limitée (SARL) et non d’une Société Anonyme (SA). Par conséquent, il souligne qu’une SARL « ne peut être dotée d’un conseil d’administration, organe propre aux sociétés anonymes ». Pour lui, cette confusion démontre « le manque de fiabilité des informations » relayées par le Conseil.
Le Professeur Lwamba affirme qu’il serait « juridiquement infondé de conclure à l’existence d’un conflit d’intérêts dans le chef du Directeur Général » simplement parce qu’un collaborateur détiendrait des intérêts dans une société partenaire. Il insiste sur le fait que la charge de la preuve incombe à ceux qui accusent et qu’aucun élément objectif ne permet de caractériser un tel conflit.
Le reproche de la légèreté et de l’ingérence
Au-delà de la défense juridique, le ton monte. Le Directeur Général exprime son « étonnement » face à la révision soudaine de ce dossier par le Conseil d’Administration. Il rappelle que le projet de Kibombo a été examiné pendant plusieurs mois, adopté par le Conseil, puis transmis et approuvé par l’Assemblée générale lors de sa session du 24 avril 2026.
M. Lwamba pointe du doigt une contradiction majeure : le dossier avait déjà été clos par une lettre de la Ministre du Portefeuille (n° 305/CAB/MINPF/LKM/CNK/CMC/JS/2026 du 29 avril 2026) donnant « des instructions sans équivoque ». Il regrette que l’organe qu’il dirige fasse preuve de « légèreté » en revenant sur ce dossier un plus tard.
Un appel à la rigueur
Dans sa conclusion, le Directeur Général appelle à une gouvernance conforme au droit congolais et aux principes de l’OHADA. Il plaide pour que les décisions des organes sociaux et les orientations de la tutelle soient suivies « avec la diligence, la cohérence et la rigueur requises », en privilégiant avant tout les intérêts de la société.
Cette sortie médiatique (via document officiel) illustre les défis de gouvernance auxquels fait face la SNEL, alors qu’elle tente de mettre en œuvre des projets énergétiques majeurs pour le pays.
Le Tonnerre