Congo Airways : Le Directeur Général Mukendi Tshikal dément fermement les accusations de détournement et demande un audit contradictoire

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Dans une correspondance officielle adressée à la Ministre du Portefeuille, le Directeur Général de Congo Airways SA, Monsieur Mukendi Tshikal, a vivement contesté les graves accusations portées contre lui et la Directrice Générale Adjointe par le Président du Conseil d’Administration (PCA). Ce dernier les soupçonnait de « détournement de fonds » et de « sabotage » du plan de relance de la compagnie aérienne nationale.

Dans un document circonstancié, le Directeur Général rejette catégoriquement les termes de « gaspillage », d’« incompétence » et de « sabotage » utilisés à son encontre, les qualifiant d’appréciations infondées en l’absence d’un débat contradictoire. Il affirme que sa gestion, sur la période de janvier 2025 à août 2026, doit être évaluée sur la base de faits objectifs et documentés, et non sur le seul constat des difficultés opérationnelles de la compagnie.

Des accusations sans fondement documentaire

Le PCA avait notamment avancé un montant global de « plus de 23 millions USD » gérés sans résultat. Le Directeur Général rétorque que cette présentation est « juridiquement insuffisante » pour établir un quelconque détournement. Il souligne que ces fonds, de natures différentes (appuis de l’État, recettes propres, caution), ne peuvent être assimilés à des ressources librement disponibles. Il exige un rapprochement exhaustif avec les comptes bancaires, la comptabilité et les pièces justificatives pour déterminer objectivement l’usage de chaque montant.

Un plaidoyer pour la transparence

Mukendi Tshikal a également apporté des éclaircissements sur des points sensibles soulevés par le PCA, notamment :

· Le contrat KLASJET : Il conteste la causalité simpliste établie entre la résiliation du contrat et l’arrêt de l’exploitation, rappelant que cette décision doit être appréciée à la lumière des clauses contractuelles et des réalités opérationnelles. Il propose de produire l’intégralité du dossier.

· L’A320 d’Allegencia : Il dément que les dépenses engagées (réserve de maintenance et assurance) soient des « détournements », insistant sur leur caractère contractuel. Il précise qu’un aéronef qui ne vole pas est un risque opérationnel, pas une preuve de fraude.

· Les 255.000 USD pour International Air Leases : Il réfute toute « disparition » des fonds et demande la communication du rapport de la commission interne qui l’accuse, pour pouvoir se défendre sur la base des faits.

· L’affaire Jordan Aviation (1.410.000 USD) : Il rappelle que cette opération est antérieure à sa prise de fonction (juillet 2024) et qu’elle était gérée directement par le Conseil d’Administration, qui avait mandaté une commission sur place.

Une demande d’audit indépendant

Pour laver son honneur et rétablir la vérité, le Directeur Général a sollicité de la Ministre du Portefeuille la mise en place d’un examen indépendant et contradictoire. Il propose notamment un audit financier, comptable et opérationnel, un rapprochement de tous les paiements avec leurs justificatifs, et une audition contradictoire des personnes mises en cause.

Un engagement réaffirmé

Mukendi Tshikal conclut en réaffirmant son attachement à la vision du Chef de l’État pour la relance de Congo Airways et son rejet total de l’accusation de « sabotage ». Il se dit disposé à coopérer avec tout organe de contrôle et à fournir tous les documents nécessaires, dans l’intérêt supérieur de la compagnie nationale.

« Les conclusions qui seront tirées doivent reposer exclusivement sur des faits vérifiables, des documents authentiques et une attribution individualisée des responsabilités », a-t-il martelé, appelant à une gestion transparente et conforme aux orientations des autorités compétentes.

Cette réponse musclée du Directeur Général marque un nouveau rebondissement dans la crise de gouvernance qui secoue Congo Airways, alors que la compagnie tente de se relever d’une période économique et opérationnelle difficile. Le débat est désormais renvoyé aux autorités de tutelle pour une décision éclairée.

Derrière ces accusations, une manœuvre de déstabilisation ?

Au-delà des aspects financiers et contractuels, plusieurs observateurs avertis voient dans cette offensive du Président du Conseil d’Administration une tentative manifeste de salir l’autorité et la crédibilité du Directeur Général et de sa Directrice Générale Adjointe. En brandissant des accusations aussi graves que celles de « détournement de fonds » et de « sabotage », sans apporter de preuves matérielles irréfutables, le PCA semble davantage chercher à jeter le discrédit sur la Direction Générale qu’à établir objectivement la vérité.

Cette stratégie, si elle est confirmée, aurait pour but inavoué de semer la division au sein des agents de Congo Airways et de fragiliser davantage une entreprise déjà éprouvée par des difficultés structurelles. En créant un climat de suspicion et de défiance, le PCA risquerait de paralyser l’action de la Direction Générale et de compromettre les efforts de relance tant attendus. Une telle approche, loin de servir l’intérêt de la compagnie nationale, ne ferait qu’accentuer les tensions internes et nuire à la cohésion nécessaire pour sortir Congo Airways de l’ornière. Il appartient désormais aux autorités de tutelle de trancher en toute objectivité et de faire la lumière sur ces accusations, pour préserver l’avenir de la compagnie et l’unité de ses travailleurs.

LE TONNERRE

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