Ebola en RDC : Madame Solange Bunsu Ghonda interpelle sur le changement de comportement, la communication et la responsabilité internationale

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Dans une interview exclusive accordée au magazine Le Tonnerre, Madame Solange Bundu Ghonda, ambassadrice pour Le Compte des enfants du Congo et figure engagée au sein d’organisations internationales comme l’UNESCO, est revenue sur l’un des défis sanitaires les plus persistants en Afrique : le virus Ebola. Son message est sans appel : il est urgent que les populations congolaises et africaines changent de comportement face à cette maladie bien réelle, qui continue de faire des victimes sur le continent.

Une experte formée à Harvard

Madame Solange ne s’exprime pas en simple militante. Détentrice d’un certificat de l’Université d’Harvard sur les leçons apprises pour la prévention du virus Ebola, elle a rappelé avec force l’apport capital des médecins et scientifiques congolais. Elle a notamment salué le travail remarquable du Professeur Docteur Jean-Jacques Muyembe, l’un des pionniers ayant découvert comment remédier à ce virus. Un hommage appuyé à la science congolaise, trop souvent sous-estimée.

Communication gouvernementale : urgence et transparence

Selon elle, le gouvernement congolais doit impérativement communiquer davantage sur Ebola. Une meilleure information permettrait à la population de prendre les dispositions nécessaires et d’adopter les mesures préventives qui sauvent. Elle rappelle que cette maladie a été découverte en RDC dans les années 1970, et pourtant, la méconnaissance reste un facteur majeur de propagation.

Le drame des zones reculées : un savoir à apporter d’urgence

Madame Solange a mis en garde contre une réalité trop souvent ignorée : dans les zones reculées, là où l’accès à la médecine moderne est quasi inexistant, le virus Ebola se propage très rapidement. Elle insiste sur l’urgence d’apporter le savoir et l’information dans ces contrées isolées, car sans prise en charge rapide et sans connaissances des gestes barrières, chaque nouveau cas peut devenir un foyer épidémique incontrôlable. C’est là que se joue, selon elle, une part essentielle de la lutte.

Femmes congolaises, premières relais médiatiques

L’ambassadrice a lancé un appel précis aux femmes congolaises : elles doivent s’emparer plus souvent du sujet dans les médias. Leur voix, perçue comme plus proche du quotidien familial et communautaire, pourrait toucher davantage la population et faciliter l’écoute et l’adhésion aux gestes barrières, y compris dans les villages les plus reculés.

Frontières : raison garder face à la psychose

Madame Solange a également évoqué la fermeture des frontières par plusieurs pays à l’égard des Congolais. Elle tempère : le virus reste concentré sur une zone spécifique, et le nombre actuel de cas ne justifie pas, selon elle, des mesures radicales comme la fermeture des frontières par des pays tels que les États-Unis. Une mise au point nécessaire face à la stigmatisation croissante.

Un appel à l’Occident : ne plus regarder ailleurs

Dans une déclaration forte, Madame Solange a demandé aux pays occidentaux de mettre des moyens conséquents pour remédier à cette maladie. Elle rappelle que la RDC ne mérite pas d’être appréciée uniquement pour ses minerais ou ses terres. Ce pays mérite que le monde vienne y apporter des solutions face à des problèmes sanitaires aussi graves. Elle souligne, à titre de comparaison, comment le monde entier s’est mobilisé contre le coronavirus, traquant le virus jusqu’à son éradication. Pourquoi Ebola n’aurait-il pas droit à la même solidarité internationale ?

Conclusion : mieux vaut prévenir que guérir

Madame Solange Bundu Ghonda conclut sur une évidence trop souvent oubliée : la maladie d’Ebola existe, elle tue, mais des mesures préventives peuvent éviter sa propagation. Mieux vaut prévenir que guérir. Le Tonnerre remercie chaleureusement Madame Solange pour cette interview éclairante, qui remet les pendules à l’heure sur un virus que l’on ne peut plus ignorer.

LE TONNERRE

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