« Kabila, l’or et le sang : pourquoi les États-Unis viennent de clouer au pilori le “parrain” de l’Est congolais »

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Enfin, une sanction qui ne tombe pas dans l’indifférence. Le 30 avril 2026, Joseph Kabila, ancien président de la République démocratique du Congo, a reçu ce que beaucoup appellent déjà la sentence américaine. L’OFAC (le bras financier du Trésor américain) l’a officiellement inscrit sur la liste noire des Specially Designated Nationals (SDN) – celle des narcotrafiquants, dictateurs sanguinaires et fauteurs de guerre.

Pourquoi cette décision ? Officiellement, pour ses liens directs avec la rébellion du M23 et l’Alliance Fleuve Congo (AFC). Officieusement, parce que Washington vient de confirmer ce que Kinshasa, les victimes congolaises et la justice militaire disaient déjà : Joseph Kabila a pactisé avec l’ennemi.

Plus qu’une sanction : un signal fort

Désormais, tous ses avoirs sous juridiction américaine sont gelés. Aucune entreprise, aucune banque américaine, aucun citoyen des États-Unis ne peut plus légalement lui verser un dollar, lui acheter une propriété ou simplement honorer un contrat avec lui. Autrement dit, le trésor de guerre caché à l’abri du dollar vient de prendre feu.

Et ce n’est pas tout. Cette sanction américaine ne tombe pas dans le vide : elle s’ajoute à une cascade de décisions historiques au niveau national :

  • La suspension de son parti, le PPRD.
  • La saisie de ses biens ordonnée par Kinshasa.
  • Sa condamnation à mort par contumace en octobre 2025 par la Haute Cour militaire, pour trahison, crimes de guerre et participation à un mouvement insurrectionnel.

Pendant que des millions de Congolais fuient les combats dans le Nord-Kivu, Kabila qui a présidé le pays pendant près de deux décennies est accusé d’avoir alimenté la rébellion qu’il était censé combattre.

L’argent, la trahison et le sang

Que reproche-t-on concrètement à l’ancien président ? D’avoir utilisé l’influence et l’argent accumulés durant ses dix-huit ans de règne pour financer ou protéger les bourreaux du M23 juste après avoir quitté le pouvoir. L’accusation est glaçante : lui à qui le pays a tout donné palais, réseau, ressources aurait choisi, une fois déchu, de plier devant les ennemis du Congo.

Saluons-le franchement : les sanctions américaines ne font que légitimer ce que les familles des soldats tués et des civils massacrés crient depuis des années. Un homme qui possédait l’un des pays les plus riches du monde n’a pas eu besoin de se vendre au M23. Il l’a fait. Par calcul. Par haine ? Par faiblesse ?

Peu importe le motif. Le résultat, c’est un traître qui clame son innocence alors que, de New York à Bunagana, on sait désormais qu’il a les doigts tachés de rouge.

Cette sanction américaine, dans le cadre du programme DRCONGO (Executive Order 13413 modifié), ne vise pas seulement un homme. Elle adresse un message à tous ceux, en Afrique et ailleurs, qui pensent pouvoir soutenir des insurrections meurtrières tout en dormant paisiblement sur un matelas de dollars à l’abri des banques occidentales.

Avec Kabila, c’est toute une classe politique congolaise qui est rappelée à l’ordre : trahir son peuple a un prix. Et ce prix, aujourd’hui, c’est l’exclusion financière planétaire.

Bien sûr, geler des comptes ne ramènera pas les morts de Goma, ni les déplacés de Rutshuru. La condamnation à mort par contumace reste virtuelle tant qu’il ne sera pas extradé ou arrêté. Mais ce 30 avril 2026 restera une date : celle où Kabila a cessé d’être un ancien président pour devenir officiellement un traitre aux yeux du monde.

Que tous ceux qui doutaient encore lisent bien cette liste SDN : Joseph Kabila n’y est pas pour erreur administrative. Il y est pour avoir contre son propre pays choisi la rébellion, l’or et le sang.

LE TONNERRE

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