Kinshasa : l’insalubrité s’installe au cœur du pouvoir provincial

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Depuis plus de six mois, une situation aussi choquante qu’inacceptable perdure en plein centre de la commune de la Gombe. Une fosse septique déverse continuellement ses eaux usées nauséabondes sur la chaussée de l’avenue Pumbu, à quelques encablures d’institutions et de lieux emblématiques de la capitale.

Plus grave encore, ces eaux insalubres longent le bâtiment abritant le Gouvernement provincial de Kinshasa. Chaque jour, ministres provinciaux, collaborateurs, visiteurs et autorités y passent, contraints de subir une odeur pestilentielle qui rend l’accès presque insupportable. Pourtant, aucune mesure concrète n’a été prise jusqu’à ce jour pour remédier à cette situation.

Cette réalité pose une question essentielle : comment expliquer qu’un tel niveau d’insalubrité puisse persister devant même le siège du pouvoir provincial, sans réaction visible des autorités concernées ? Ni le Gouverneur de la ville, ni son adjoint, ni les membres de l’exécutif provincial ne semblent avoir jugé prioritaire d’intervenir pour assainir cet espace stratégique.

Située non loin de résidences officielles et d’infrastructures hôtelières de renom, cette avenue est pourtant un point de passage fréquenté. L’image qu’elle renvoie aujourd’hui est celle d’une capitale livrée à elle-même, où l’insalubrité devient progressivement la norme, même dans les zones censées incarner l’exemplarité.

Ce cas n’est malheureusement pas isolé. Plusieurs artères de la Gombe, censée être la vitrine de Kinshasa, sont aujourd’hui envahies par des immondices, des poubelles débordantes et des déchets abandonnés. Pendant ce temps, les autorités provinciales multiplient les taxes et prélèvements sur les citoyens, sans que des solutions durables ne soient apportées à la problématique de la salubrité.

Récemment, le Président de la République a exprimé son mécontentement face à l’état d’insalubrité autour du Grand Marché. Faut-il désormais attendre systématiquement des interpellations au sommet de l’État pour que les autorités provinciales assument leurs responsabilités les plus élémentaires ?

La salubrité urbaine n’est pas un luxe, mais une obligation. Elle reflète non seulement le niveau de gouvernance, mais aussi le respect accordé aux citoyens. Laisser une fosse septique déverser ses eaux pendant des mois, au cœur même de l’administration provinciale, envoie un message inquiétant sur la gestion de la ville.

Kinshasa mérite mieux. Ses habitants méritent mieux. Et il est urgent que les autorités provinciales prennent la pleine mesure de leurs responsabilités avant que l’insalubrité ne devienne irréversible.

LE TONNERRE

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