Littérature : »La tribu des Songye (Tome I) », un roman signé Lucien Mukenge Goie Musese

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« La tribu des Songye » est un roman de 176 pages durant lesquelles son auteur, Lucien Mukenge Goie Musese, érige en personnage central un certain Mwana Budia, dernier héritier d’une lignée royale et de gardiens de savoir qui furent exterminés lors d’une guerre fratricide les ayant opposés aux guerriers du roi Kasongo.

Sa rencontre plus tard, qui intervint à la page 52, avec le lieutenant Paul de la Villette, le fameux émissaire du roi Léopold II, de la part duquel il avait reçu triple mission d’explorer le Congo, de signer des traités avec les pouvoirs ancestraux et de ramener en Belgique ce qu’on appelait le parchemin de la vie, fit changer les cours de cette merveilleuse histoire.

Sur base de la conversation qu’ils ont eue à deux, le jeune Mwana Budia se chargea d’amener monsieur Paul de la Villette chez le vieux Kalenga, un ami de son feu père, mort dans la guerre ci-haut évoquée, et détenteur du fameux parchemin de la vie que l’officier belge était chargé par le roi Léopold II de trouver et de ramener à Bruxelles.

Le vieux Kalenga que monsieur De La Villette rencontre à la page 53, grâce à l’entremise du jeune garçon, promit de lui donner le tant voulu parchemin, mais seulement contre acceptation par lui d’adopter et d’amener en Belgique le jeune orphelin dépossedé de toutes ses terres ancestrales.

Sans avoir agi en idiot, le vieux Kalenga avait voulu, via cet acte de dotation du parchemin à l’officier du roi Léopold II, que ce dernier aille en faire en Europe une large diffusion, selon qu’il s’agissait d’un recueil de connaissances et de forces spirituelles découvertes par les ancêtres Songye, que les blancs ignoraient jusque-là.

Mwana Budia fut d’office adopté par l’homme blanc qui l’a, aussitôt après, débaptisé en André de la Villette, ce qui constituait une forte joie pour lui, car jusque-là, il avait, pour tout enfant avec sa femme Élisabeth, seulement une fille, alors qu’il était pendant ce temps à la recherche d’un fils.

En Belgique où il a été amené par son nouveau père, Mwana Budia, désormais devenu André de la Villette, a réussi à faire de brillantes études qui lui valurent plus tard de finir par aboutir au statut d’officier décoré doublé d’un entrepreneur très prospère, avec un niveau de vie qui lui permit d’épouser une belle femme belge en la personne de Laetitia.

La visée expansionniste allemande, caractérisée par son souci de repousser les frontières congolaises acquises par la Belgique, détermina le roi Albert 1er, successeur de Léopold II, à prendre la décision, à partir de la Belgique, de faire retourner le lieutenant Paul de la Villette au Congo pour y aller faire face à cette situation.

Ce dernier ne manquera pas de mettre dans sa troupe son fils légitime, André Mwana Budia, avec ses prouesses militaires, finira par ériger au Congo, l’artisan de la victoire belge sur la troupe allemande. Ce qui lui valut beaucoup de succès au milieu de la Force publique belve jusqu’à finir par être élevé au grade de Lieutenant Colonel par le roi Albert 1er qui a signé cet acte d’élevation à partir de Bruxelles.

Mais, sa rencontre et conversation avec la fille du vieux Kalenga, l’homme qui avait cédé le parchemin de la magie de la vie à son père adoptif, lui valut de redéfinir l’ordre de ses priorités. C’est alors qu’au lieu de retourner en Belgique, il fera plutôt le choix de faire un retour dans son royaume natal, pour envisager la perspective de récupérer ses terres ancestrales, sans couper ses liens avec son père belge.

Sa lettre envoyée au roi Kasongo II à ce sujet à partir d’Élisabethville, où il vivait avec sa femme belge, accoucha d’une reponse porteuse d’un rendez-vous au royaume qu’il lui fixa, mais avec des conditions très dures.

Selon le roi Kasongo II, Mwana Budia peut retourner au royaume, récupérer ses terres ancestrales, mais à double condition qu’il accepte d’épouser sa fille Anyshai et de renoncer ipso facto à son mariage européen; bref, de choisir entre deux amours, deux loyautés et deux identités.

Mwana Budia acceptera-il l’offre du roi Kasongo II ? Voudra-t-il se défaire de sa civilisation européenne acquise, avec beaucoup d’honneur, pour revenir au royaume Songye récupérer ses terres ancestrales, avec toutes ces conditions lui imposées ?

« La tribu des Songye » se vend à seulement 18 $, tant en Belgique qu’ici en République Démocratique du Congo, plus précisément, entre autres, au Musée National de la RDC, sur le boulevard Triomphal, dans la commune de Lingwala, à Kinshasa.

Son contenu est une histoire d’un royaume déchiré par une guerre entre membres de deux lignées royales opposées. C’est aussi, en toile de fond, celle du colon belge en République Démocratique du Congo, cas de sa présence au royaume kuba, un royaume situé entre la rivière Kasai, la rivière Lomami et la rivière Sankuru.

L’histoire que raconte Lucien Mukenge dans le roman et auquel ce royaume sert de cadre, se déroule à partir du 19è siècle, plus précisément en 1885, l’année du partage de l’Afrique à la conférence de Berlin, qui eut lieu, rappel oblige, du15 novembre 1884 au 26 janvier 1885.

« Bruxelles, 1885, dans le salon feutré du pouvoir colonial, le roi Léopold II trace les frontières d’un empire personnel. Le lieutenant Paul de la Villette reçoit une mission : explorer le Congo, signer des traités et ramener un mystérieux parchemin… », témoigage de l’auteur sur sa 4è de couverture.

L’ouvrage a été recensé et présenté au public, jeudi 6 août, par Christian Gombo, un jeune écrivain congolais, dans la salle vitrée du musée national de la République Démocratique du Congo.
Cette récension-présentation a été suivi par une séance de questions et réponses avec l’auteur et cette dernière, par sa portée sur les fonts baptismaux par le député provincial honoraire de la Lomami, l’honorable Théophile Lunkamba Ntambwe.

Lucien Mukende, qui en est l’auteur, est un fiscaliste belge d’origine congolaise, doublé d’un ancien rappeur. 47 ans révolus, il s’est installé en Belgique depuis 1982.
En tant que descendant Songye, il s’est senti investi du souvrain dévoir de raconter l’histoire de son peuple en redonnant voix à ses traditions, à sa spiritualité ainsi qu’à ses résistances.

Saint-Germain Ebengo

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