RDC : « Lettre ouverte à la jeunesse congolaise » – Entre souveraineté nationale et pièges politiques

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Nous avons le choix soit d’être maître de notre destin soit de rester à jamais la poudre à canon des acteurs politiques.

Le temps passe comme un éclair, les générations se succèdent, et chaque génération fait le nécessaire pour marquer son temps et impacter les générations futures. Cependant, il y a des générations qui sont maudites. Au lieu d’hériter, de conserver, d’innover et de léguer aux générations futures l’héritage reçu de leurs aïeux, elles sont capables de le détruire et de faire en sorte que la disette soit le lot des générations futures, sans vergogne ni remords.

Elles sont capables non seulement d’hypothéquer la souveraineté nationale à cause de leurs intérêts privés, mais aussi de vendre toute une nation. Certaines sont prêtes à devenir des collabos, juste pour obtenir un certain confort dans le camp de l’ennemi.

Cette génération, c’est celle de nos parents et de nos grands-parents. À cause d’un poste ministériel, certains ont été capables de trahir toute une nation sans regret. C’est avec eux que le mot patriotisme a perdu tout son sens. À la place de la nation, ils ont instauré la logique de la famille d’abord, poches d’abord. Ils ont appris à se servir du peuple, non pas pour le servir par la suite, mais pour se servir eux-mêmes. Telle est la mission qu’ils se sont fixée.

Et nous, quelle est notre mission ?

Comme le disait Albert Camus : « Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais ma tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde ne se défasse. »

Chers jeunes, par la présente lettre, nous ne venons pas auprès de vous en donneurs de leçons, mais plutôt en patriotes inquiets et soucieux de l’avenir de notre nation.

Naguère, nous avons tous été saisis par la nouvelle selon laquelle notre ancien chef d’État avait devenu le chef d’une rébellion. Cette décision de chapeauter un mouvement rebelle, alors que lui-même l’avait combattu pendant dix-huit ans, aurait été motivée par plusieurs raisons qui relevaient, pour la plupart, d’une frustration personnelle n’ayant rien à voir avec le bien-être de la population congolaise.

N’ayant pas d’armée à sa disposition pour parvenir à ses fins, il a choisi soit de pactiser avec Paul Kagame, soit de devenir son pion, comme cela fut le cas avec son père.

Mais quelques questions se posent : pourquoi Joseph Kabila a-t-il choisi de se rapprocher des anciens alliés de son père, devenus par la suite ses ennemis ? Pourquoi, après avoir travaillé avec le Rwanda, Mzee avait-il opté pour une rupture avec ses anciens alliés ?

Après avoir travaillé avec le Rwanda pour renverser le dictateur Mobutu, Mzee avait réalisé que ses alliés n’étaient pas fiables et qu’ils poursuivaient un agenda caché. Leur mission était soit d’asservir la RDC, soit de la balkaniser, soit d’annexer l’Est de la RDC au Rwanda.

Animé par un sentiment patriotique, il avait pris la décision de rompre avec ses anciens alliés. Cette décision s’inscrit dans un contexte tragique, marqué par des conflits qui ont finalement conduit à son assassinat. La suite de l’histoire, nous la connaissons, avec des millions de morts et des conséquences désastreuses pour notre pays.

Contre toute attente, force est de constater qu’un ancien chef d’État a décidé de pactiser avec les mêmes forces du mal qu’il avait autrefois combattues, afin, prétendument, d’offrir à notre patrie une vie de rêve qu’il n’a pourtant pas réussi à nous offrir pendant ses dix-huit années au pouvoir.

Et qu’est-ce qui nous prouve que, cette fois-ci, s’il revenait aux affaires, les choses changeraient ?

Chers jeunes, nous devons savoir une chose : cette guerre n’a pas commencé avec Joseph Kabila et Félix Tshisekedi. Et elle ne se terminera peut-être pas avec eux.

Commencée en 1997 avec l’AFDL, qui avait pour mission de renverser la dictature de Mobutu, vingt-neuf ans plus tard, alors que Mobutu ne plus, la guerre persiste. De l’AFDL aux rébellions successives, en passant par le M23, jusqu’au FRN, le constat est amer : notre pays continue de payer le prix des conflits interne et des ingérences étrangères.

En dessous de la carte, l’objectif est simple : piller la RDC et asservir sa population.

Depuis la nouvelle occupation de certaines zones de l’Est du pays, les informations faisaient état de la mise en valeur de la culture rwandaise lors de certaines manifestations publiques qui doivent nous interpeller. Alors que ces pratiques traduisent une volonté manifeste d’imposer une identité étrangère à nos populations, elles méritent une attention particulière. Nous ne pouvons pas rester indifférents face à tout ce qui touche à notre souveraineté nationale.

Certes, il est vrai que nous fustigeons la gestion opaque du régime de Félix et sa volonté présumée de changer la Constitution afin de se maintenir au pouvoir à tout prix. Certains le haïssent même à cause de ses origines. Mais ce n’est pas pour autant que nous allons perdre la raison et laisser les Banyarwandas nous asservir et piller notre nation.

Notre opposition à Félix Tshisekedi ne doit jamais nous faire perdre de vue l’essentiel qui est la défense de la patrie.

Aucune autre voie n’est plus démocratique pour renverser un régime que celle des marches pacifiques. C’est d’ailleurs par la pression populaire, les manifestations et les mobilisations politiques que Joseph Kabila a fini par quitter le pouvoir après dix-huit ans de règne. Ce n’est pas par les armes qu’il a été contraint de céder la place, mais notamment par la pression de la rue et les mécanismes politiques.

Pourquoi, aujourd’hui, nous laisse-t-on croire que seules les armes peuvent empêcher Félix Tshisekedi de changer la Constitution ?

Ne laissons pas notre haine contre Félix nous induire en erreur, au risque d’être colonisés en plein XXIe siècle par le Rwanda.

Le linge sale se lave en famille, dit-on. Comment voulons-nous nous débarrasser d’un dictateur tout en faisant recours à un autre dirigeant autoritaire qui est au pouvoir depuis près de vingt-neuf ans ? C’est obsolète !

La seule et meilleure décision que nous devons prendre dans cette situation est de combattre l’ennemi extérieur, dont les conséquences de l’occupation seront plus que désastreuses pour notre nation. Ensuite, nous reviendrons nous occuper de Félix Tshisekedi, qui, jusqu’à preuve du contraire, exerce encore son mandat, tandis que la Constitution n’a pas encore été modifiée.

Nous devons donc continuer à nous opposer à toute tentative de changement constitutionnel que nous jugeons contraire aux intérêts de la nation, mais par des moyens démocratiques, pacifiques et républicains.

Ne permettons pas à nos frustrations politiques de devenir les instruments de ceux qui convoitent notre territoire. Ne sacrifions pas la souveraineté nationale sur l’autel de nos ambitions personnelles.

Chers jeunes, notre mission n’est pas de défendre un individu contre un autre, mais de défendre la République contre tout ce qui menace son existence. Félix Tshisekedi passera, Joseph Kabila passera, comme tous les dirigeants avant eux. Mais la RDC, elle, doit demeurer.

Ne soyons pas cette génération maudite qui aura vendu son pays pour quelques privilèges. Soyons plutôt celle qui aura compris que la nation est plus grande que nos frustrations, que la souveraineté est plus importante que nos ambitions et que l’avenir de nos enfants vaut davantage que les intérêts de quelques individus.

Jonathan Ndaye, Président du mouvement citoyen les Jeunes Défenseurs de la République (JDR)

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