Sénégal : Un référendum à risque

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En brandissant l’éventualité de soumettre la Loi portant révision constitutionnelle à référendum, le président sénégalais a-t-il voulu faire fléchir les députés de Pastef dans leur volonté de rejeter les amendements du gouvernement où y compte-t-il réellement aller? Le débat fait rage, les réseaux sociaux explosent et la rue donne de la voix.

 » Le président Diomaye risque de perdre la face. S’il recourt à la voie référendaire, qu’est ce qu’il va poser comme question au peuple ? Va-t-il demander au peuple de voter non parce que le président veut déclarer son patrimoine au début de son mandat et non à la fin ? C’est une question gênante autant que les autres questions qui l’opposent au Pastef. Ces propos de Moustapha Diop, journaliste et analyste politique, dans une émission diffusée sur Walfadjri, une chaîne de télévision très populaire au Sénégal, mettent en exergue une vérité : Diomaye Faye risque gros si d’aventure il appel le peuple à trancher. Il est dans une posture difficile tant le peuple sénégalais lui reproche son revirement par rapport aux promesses des campagnes et de s’être écarté du projet de Pastef pour lequel il a été élu.

Les réseaux sociaux, qui sont devenus des marqueurs de la société sénégalaise, amplifient les propos de l’analyste politique. Lorsqu’ils ne passent le président sénégalais au VAR en y révélant ses contradictoires et reniements, ils alignent des sondages qui, les uns et les autres, ne donnent aucune chance au  » non  » en cas de référendum.

Les sénégalais qui se prononcent sont unanimes.  » Si le président soumet la question de la révision de la Constitution à référendum, nous voterons contre lui, nous voterons oui pour Sonko », reprennent en chœur les dakarois.’ Juriste de son état, Cheick Tidiane Diouf, émet un avis qui va dans le même sens.  » Diomaye peut s’allier avec les hommes de Macky Sall s’il veut mais il n’a aucune chance de faire passer le non. Il subira une humiliation’ s’il s’entête », soutient-il.

Les partisans du non, rares dans les réseaux sociaux et dans la rue, ne désespèrent pas. Alioune Tine, responsable d’ un Think Thank, croit que l’on peut arrêter Sonko.  » Sonko ne devait pas être à l’assemblée nationale et, aujourd’hui, il fait du forcing et met en danger la démocratie sénégalaise. Nous devons mobiliser le peuple pour l’arrêter », estime-t-il. Des propos qui font le bonheur de Aminata Tall Sall, présidente du groupe parlementaire de l’ opposition.  » Sonko est en train d’imposer une dictature que nous ne pouvons pas accepter. Nous allons mobiliser le peuple pour lui barrer la route », avertit-il.

Ayib Daffe, président du groupe parlementaire Pastef, ne l’ entend pas de cette oreille. Auteur de l’amendement qui définit la  » Haute trahison » relative aux actes posés par le chef de l’Etat, il dément la députée de l’opposition et ancien ministre de la Justice sous Macky Sall.’ ‘ Quand elle parle de dictature, elle oublie carrément qu’ elle a fait partie d’un régime qui a tué des sénégalais et emprisonné par milliers des gens simplement parce qu’ils ont exercé leurs droits. D’elle, nous n’avons pas des leçons à recevoir. Sonko et les députés de la majorité ne font qu’avancer dans le sens des aspirations du peuple ».

La balle est donc dans le camps de Diomaye Faye. En clôturant hier la session de l’assemblée nationale, Ousmane Sonko s’ est dit satisfait du travail accompli par les députés et promis que, désormais,  » l’assemblée nationale veillera à ce que les promesses faites au peuple soit scrupuleusement respectées ».

Mohamed Mboyo Ey’ekula

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