
La situation au sein de la Société nationale d’électricité (SNEL) continue d’alimenter les inquiétudes. Au centre des critiques : le président du conseil d’administration, Luc Badibanga, dont la gestion fait l’objet de dénonciations persistantes, notamment à la suite d’investigations du magazine Le Tonnerre.
Selon ces informations, appuyées par plusieurs témoignages de proches et connaissances, le PCA est décrit comme une personnalité conflictuelle, orgueilleuse et autoritaire. Il lui est reproché de vouloir imposer systématiquement ses décisions, exigeant que tout fonctionne selon sa volonté, au mépris du fonctionnement normal d’une entreprise publique.
Toujours d’après ces sources, cette posture serait renforcée par un sentiment d’intouchabilité. Luc Badibanga se présenterait comme proche du président de la République, Félix Tshisekedi, allant jusqu’à affirmer être lié à la « famille présidentielle ». Des propos qui, s’ils sont avérés, soulèvent de sérieuses préoccupations quant à de possibles pratiques de trafic d’influence et à une instrumentalisation des institutions.

Les révélations évoquent également une volonté du PCA de se positionner au centre de toutes les décisions de la SNEL, cherchant à tout contrôler, y compris la gestion quotidienne. Une attitude en contradiction avec les règles de gouvernance, où le conseil d’administration fixe les orientations stratégiques tandis que la direction générale assure l’exécution.
Dans ce contexte, des accusations font état de tentatives de manipulation du ministère du Portefeuille, ainsi que d’interférences répétées dans le travail de la direction générale actuelle, dirigée par l’ingénieur Teddy Lwamba. Ces agissements seraient perçus comme des obstacles majeurs à la mise en œuvre des projets de l’entreprise.
Ce schéma ne serait pas inédit. Déjà sous la direction précédente, des tensions similaires avaient été signalées, avec des tentatives d’imposition de décisions et des blocages internes. Aujourd’hui encore, ces pratiques semblent se poursuivre, empêchant la SNEL d’avancer efficacement et donnant l’image d’une entreprise freinée dans son élan.
Pour de nombreux observateurs, cette situation illustre une confusion persistante des rôles et une gouvernance fragilisée par des ambitions personnelles. La SNEL, pilier du développement énergétique de la RDC, ne peut se permettre d’être paralysée par des luttes d’influence internes.
Face à ces accusations, l’urgence d’un rappel strict des règles de gouvernance, du respect de la hiérarchie et de l’intérêt général apparaît plus que jamais essentielle pour sortir la SNEL de cette zone de turbulences.
La question reste entière : jusqu’où Luc Badibanga est-il prêt à aller avec ce comportement ?
LE TONNERRE