CENCO et révision constitutionnelle : entre posture morale et contradictions politiques

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La sortie médiatique récente de la contre le projet de révision de la Constitution relance un débat fondamental sur la place des institutions religieuses dans le jeu démocratique congolais. En s’opposant une fois de plus à cette initiative, les évêques catholiques semblent adopter une posture rigide qui interroge de plus en plus l’opinion publique.

Il convient pourtant de rappeler une vérité essentielle : la souveraineté nationale appartient au peuple. La Constitution elle-même prévoit les mécanismes de sa propre révision, notamment par voie de référendum. Dès lors, s’opposer au principe même d’une consultation populaire revient, pour certains analystes, à contester indirectement l’expression de la volonté du peuple.

L’argument selon lequel toute modification de la loi fondamentale constituerait un danger pour la démocratie paraît difficilement soutenable. En 2006, lorsque cette Constitution a été adoptée, le pays sortait d’une période critique, et aucun cataclysme n’a suivi son adoption. Pourquoi alors considérer aujourd’hui qu’une adaptation aux réalités actuelles entraînerait forcément des dérives ?

Par ailleurs, une autre contradiction alimente le débat. La CENCO n’a cessé de condamner les violences du M23, ce qui est légitime. Toutefois, son silence persistant sur le rôle du Rwanda, pourtant évoqué à plusieurs reprises par la communauté internationale, suscite des interrogations. Cette prudence sélective donne l’impression d’un discours à géométrie variable, qui fragilise sa crédibilité auprès d’une partie de la population.

Face à ces positions, de nombreux observateurs se demandent ce que recherche réellement la CENCO : défendre des principes démocratiques ou influencer le débat politique national ? Car dans une démocratie, le rôle d’une institution, qu’elle soit religieuse ou civile, devrait être d’accompagner le peuple vers des choix éclairés, et non de s’ériger en arbitre de ce que le peuple peut ou ne peut pas décider.

En définitive, le débat sur la révision constitutionnelle mérite mieux que des postures de principe. Il exige une confrontation d’idées sincère, respectueuse des lois et des mécanismes démocratiques. Et surtout, il doit laisser au peuple congolais le dernier mot, car c’est à lui, et à lui seul, que revient le pouvoir de décider de son avenir.

LE TONNERRE

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