Depuis plus d’un an, le sort d’une centaine d’agents et cadres de la CSN-GHC demeure incertain.
Il vous souviendra que notre rédaction avait, en son temps, alerté sur des manœuvres de licenciement en masse au sein de cette structure de l’État. Fin juillet 2025, sur décision du Directeur Général Raymond Bongole, plusieurs agents et cadres ont cessé de percevoir leurs salaires sur leurs comptes logés à la FirstBank.
Parmi les victimes de cette situation figurent notamment les cadres et agents affectés dans différentes antennes, en particulier celle de Kinshasa, pourtant en première ligne lors de la collecte des données pendant les inondations d’avril 2025.
Cherchant à comprendre, le DG avait évoqué un prétendu réaménagement du cadre organique, déclarant verbalement que tous les agents étaient mis à la disposition des ressources humaines. Une affirmation aussitôt démentie par la DRH, qui affirme n’avoir reçu aucune instruction officielle en ce sens.
Malgré plusieurs rencontres, aucune mesure concrète n’a été prise. Le Directeur Général n’a toujours pas instruit la direction des ressources humaines de régulariser la situation des agents concernés.
Depuis lors, des pères et mères de famille se retrouvent sans revenus, suspendus à une décision unilatérale, alors même que plusieurs d’entre eux figurent sur l’arrêté ministériel signé par l’ancien ministre des Affaires sociales, Son Excellence Modeste Mutinga.
Paradoxalement, alors que ces agents déjà mécanisés par la Fonction publique et régulièrement payés depuis 2022 sont abandonnés, de nouveaux recrutements s’opèrent dans l’opacité, à travers des procédés jugés douteux par plusieurs observateurs.
Après plus d’une année de silence, aucune justification officielle n’a été donnée quant à la suspension des salaires ni à l’absence de notification de nouvelles affectations. Pour de nombreux analystes, tout porte à croire qu’il s’agit d’un licenciement déguisé ciblant des agents jugés non alignés.
Des témoignages anonymes évoquent un climat de gestion chaotique depuis la création de la caisse, marqué par des réaménagements incessants du cadre organique et une marginalisation progressive de la DRH dans ses prérogatives essentielles.
Face à cette situation, plusieurs correspondances ont été adressées à la Direction Générale, au ministère des Affaires sociales, à la Primature ainsi qu’à la Présidence de la République, sans réponse concrète à ce jour. Le DG se contenterait de promesses répétées, sans jamais passer à l’acte.
À ce stade, si la direction estime ne pas pouvoir réintégrer ces agents et cadres, elle se doit de prendre ses responsabilités en procédant à leur notification officielle de fin de service et au paiement intégral de leurs droits.
Ce cri d’alarme lancé par ces agents meurtris interpelle directement les plus hautes institutions du pays : la Présidence, la Primature, le ministère d’État aux Affaires sociales et Actions humanitaires, la Fonction publique ainsi que le ministère du Travail et de l’Emploi, afin que justice leur soit rendue.
Mais au-delà de ce dossier, une question fondamentale se pose : qui protège ces responsables malgré les abus répétés qu’ils commettent ? Pourquoi, dans notre système, ceux qui travaillent avec rigueur et loyauté ne sont presque jamais valorisés, alors que ceux qui s’illustrent par des pratiques abusives semblent bénéficier d’une protection inexplicable ?
Ce paradoxe, profondément enraciné dans certaines sphères de gestion publique, mérite d’être dénoncé avec la plus grande fermeté. Car tant que l’impunité primera sur la compétence et l’intégrité, les injustices sociales continueront de se multiplier.
Le tonnerre