Le dossier disciplinaire de la Directrice Générale de la Congolaise des Voies Maritimes (CVM), Madame Jeanne Blandine Kawanda Walwom commence à faire couler beaucoup d’encre et de salive. Nombreux sont les gens épris de justice qui n’expliquent pas le fait qu’un mandataire public, suspendu à titre conservatoire pour raison d’enquête administrative, ne puisse pas retrouver son poste, en dépit du fait qu’aucune faute personnelle judiciairement ne lui soit notifiée.
Par patriotisme et soucieux d’assurer aux mandataires publics, l’Asbl FATSHI sans frontières a fait parvenir au Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, une déclaration solennelle dans laquelle elle sollicite l’implication de l’autorité suprême du pays, dans le dossier disciplinaire de la Directrice Générale de la CVM.

DÉCLARATION SOLENNELLE
À SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, CHEF DE L’ÉTAT
FÉLIX-ANTOINE TSHISEKEDI TSHILOMBO
Objet : Respect de la Constitution et de la légalité dans le dossier de Madame Jeanne Blandine Kawanda Walwom, Directrice générale de la CVM-SA
Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat,
Avec toute notre déférence et le respect dû à votre haute fonction, nous vous interpellons solennellement sur une situation qui, au-delà du cas personnel de Madame Jeanne Blandine Kawanda Walwom, pose une question grave de respect de la légalité et de l’autorité des institutions de la République.
Le 11 mai 2026, Madame Jeanne Blandine Kawanda Walwom a été suspendue pour trois mois, à titre conservatoire, dans le cadre d’une enquête administrative.
Cette enquête a été diligentée et a été menée.
Madame Kawanda a répondu aux observations qui lui avaient été adressées et a produit ses moyens de défense.
Le comité d’audit a cessé ses travaux. Aucun débat contradictoire n’a eu lieu. Aucune décision établissant une faute personnelle judiciairement établie ne lui a été notifiée.
Et pourtant, au terme de la période de suspension, Madame la D G Kawanda n’a pas repris ses fonctions. Bien au contraire, une procédure a été engagée pour lui retirer son mandat.
C’est précisément là que se pose le problème de droit et notre démarche est simple : nous demandons que la Constitution et les lois de la République soient respectées.
Madame Kawanda est une mandataire de l’État nommée par Ordonnance présidentielle.
L’article 81 de notre Constitution prévoit que le Président de la République nomme, relève de leurs fonctions et, le cas échéant, révoque les mandataires de l’État dans les entreprises et organismes publics, sur proposition du Gouvernement délibérée en Conseil des ministres.

- Dès lors, une Assemblée générale ou un autre organe social peut-il, par une décision interne, mettre définitivement fin au mandat d’un mandataire nommé par Ordonnance présidentielle ?
Cette question essentielle ne peut être éludée et ne peut être réglée par approximation, par interprétation extensive d’un décret ou par un simple procès-verbal. Elle mérite une réponse juridique.
2 . Il y a une autre question fondamentale.
Une mesure conservatoire destinée à permettre une enquête peut-elle devenir, sans nouvelle décision régulièrement prise et sans faute établie contradictoirement, une sanction définitive ?
Selon les textes, une suspension destinée à permettre une enquête n’est pas, par nature, une condamnation.
Comme d’ailleurs, une enquête administrative n’est pas « une décision de culpabilité ».
Et une contestation technique portant sur une opération de gestion ne saurait, à elle seule, devenir la preuve d’une faute personnelle du dirigeant.
Le dossier de l’acquisition de la drague a été présenté comme le fondement essentiel des griefs formulés contre Madame la DG Kawanda.
Or celle-ci a produit des réponses circonstanciées, notamment sur la procédure de gré à gré, les autorisations et contrôles requis de la DGCMP, le rôle des différents organes et le montage financier de l’opération.
Ces arguments qui appellent au minimum un examen impartial n’ont jamais fait l’objet d’un véritable débat contradictoire permettant d’établir une responsabilité personnelle.
Excellence Monsieur le Président de la République,
Nous ne sollicitons ni faveur ni privilège pour Madame Kawanda. Nous demandons que le droit soit appliqué dans sa rigueur à tous, sans exception.
Nous vous demandons donc, Excellence Monsieur le Président de la République, garant des institutions de veiller au respect de la constitution, des textes légaux et réglementaires en ce qui concerne :
la compétence des organes intervenus ;
la régularité de la procédure ;
la portée juridique de la décision du 14 août 2026 ;
sa compatibilité avec l’article 81 de la Constitution ;
l’application du décret n°13/055, tel que modifié et complété, notamment par le décret n°23/14
et, surtout, le respect du contradictoire et des droits de la défense.
Parce qu’une République ne peut fonctionner selon le principe :
« le plus puissant décide, et le droit suit ».
La Constitution est au-dessus de tous.
Au-dessus des personnes.
Au-dessus des fonctions.
Au-dessus des rapports de force.
Nous demandons donc une seule chose :
Que le droit soit dit.
Si Madame Kawanda a commis une faute, qu’elle réponde de ses actes conformément à la loi.
Mais si les faits ne sont pas établis, pourquoi devrait-elle être sanctionnée ? Qu’elle soit rétablie dans ses droits.
Et si la décision de mettre fin à son mandat a été prise par un organe qui n’en a pas la compétence, qu’elle soit purement et simplement rapportée.
Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat,
L’enjeu dépasse désormais la seule personne de Madame Kawanda.
Il concerne la sécurité juridique de tous les mandataires publics.
Il concerne l’autorité de la Constitution.
Il concerne l’indépendance de la justice.
Il concerne la crédibilité de nos institutions,
car lorsque les textes ne protègent plus le citoyen, le fonctionnaire ou le mandataire public, ce n’est plus seulement une personne qui est fragilisée :
C’est l’État de droit lui-même.
Excellence Monsieur le Président de la République,
Nous vous demandons de faire prévaloir le droit sur les rapports de force, la vérité sur les présomptions et la Constitution sur l’arbitraire.
La Congolaise des Voies Maritimes qui, selon les témoignages recueillis réalisait les objectifs de sa relance mérite de préserver sa stabilité.
Ses travailleurs méritent la sérénité.
L’État mérite la vérité.
Et Madame Kawanda mérite que son dossier soit traité conformément à la Constitution et aux lois de la République.
Fait à Kinshasa, le 29 août 2026
Dans sa déclaration, l’Asbl souhaite voir le traitement dudit dossier de faire dans le respect strict de la Constitution et de la légalité.

Ci-après le texte intégral de la déclaration solennelle de l’Asbl FATSHI sans frontières, dont on sait, a été très active sur toute l’étendue du territoire national, lors de la campagne électorale du Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, alors candidat numéro 20 à la présidentielle de 2023.
Précisons que cette déclaration a été signé conjointement par Makaba Mbin, Coordonnateur National et Julien Kalombo, Secrétaire Général.