Depuis l’annonce par le Cardinal Fridolin Ambongo de la tenue prochaine du dialogue national inclusif sur décision du Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, majorité, opposition et société civile, tous unanimement, ont salué cette option.
Mais seulement voilà. A bien scruter les discours tenus par les uns et les autres sur l’organisation de ce forum national et son bien-fondé, on voit que chacun y va de sa petite idée par rapport aux objectifs à assigner à celui-ci (forum national).
Pour le Chef de l’Etat et le gouvernement de la République, les choses sont claires et limpides comme l’eau claire dans un verre clair.
A Libreville face à la dispora congolaise dans la capitale Gabonaise, le Président Félix Tshisekedi a été on ne peut plus explicite sur ce forum.
» Ce dialogue sera différent de tous les autres dialogues organisés précédemment. Il réunira les congolais patriotes capables de défendre la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale du pays face à l’agresseur, » a fait savoir le Chef de l’Etat.
En clair, le dialogue, dans l’entendement du Président de la République, sera un cadre offert aux congolais pour constituer un front commun contre l’agresseur rwandais et ses complices. Il ne pouvait en être autrement pour Félix Tshisekedi qui a compris que le dialogue n’arrêtera par la guerre d’agression dans l’Est. Par expérience, le Chef de l’Etat a en outre compris que c’est à travers les dialogues passés que le Rwanda a réussi à infiltrer l’armée, la police, les services de sécurité et les institutions étatiques de la République Démocratique du Congo. En conséquence, plus personne n’est dupe pour organiser le prochain dialogue de la même manière que les précédents fora.
A ce sujet, le Gouvernement a bien fait de créer Doha où il dialogue avec les congolais rebelles et complices du Président Kagame, et Washington où il a signé un accord de paix avec le Rwanda, reconnu mondialement comme agresseur de la RDC.
Il est par conséquent étonnant de voir des opposants, pourtant au parfum de toutes les mauvaises expériences du passé qui ont d’ailleurs affaibli notre pays sur le plan militaire, exiger la présence au dialogue aux congolais seigneurs de guerre, dont le seul mérite est d’avoir mis le pays a feu et à sang, dans le but de permettre à Paul Kagame de matérialiser sa vision expansionniste.
Exiger la présence de Kabila et Nanga pour espérer la fin des hostilités dans l’Est, c’est soit être complice avec l’agresseur, soit faire preuve de naïveté mortelle. Car, la guerre dans la partie orientale est l’œuvre de Kagame qui l’entretient depuis bientôt trois décennies. Penser que les quelques congolais qui se font passer pour les chefs de l’AFC-M23 peuvent décider de la fin de guerre parce qu’ils auront participer au dialogue national, cela relève de l’utopie.
Aussi, contrairement à la majorité au pouvoir et l’opposition, les évêques catholiques et quelques pasteurs de l’Eglise du Christ au Congo ont leurs propres objectifs qu’ils comptent poursuivre dans ce dialogue. Eux veulent créer un cadre institutionnel nouveau en République Démocratique du Congo pour « le vivre ensemble ». La question maintenant de savoir comment engager des réformes institutionnelles pour le vivre ensemble sans changer la constitution actuelle qui régit le pays ?
Comme on le voit, ce marque de clarté autour du bien-fondé de ce forum démontre bien combien il sera difficile de parvenir à un consensus national.
Malheureusement, tant que les congolais feront semblant d’ignorer que ce qui arrive à leur pays est l’œuvre de Kagame et a lui tout seul, ils continueront de tenir des dialogues qui ne donneront aucunement des solutions idoines à la crise sécuritaire dans l’Est.
Le Tonnerre.