COMMUNIQUE DE PRESSE N 037/FOCDP/CEKIMAS/2026
CORRUPTION SYSTEMATIQUE ET INSTITUTIONNALISEE DANS LA
MECANISATION ET LA PROMOTION EN GRADE DES PROFESSEURS
D’UNIVERSITES EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
Kinshasa – Washington, le 18 juin 2026
La Fondation Congolaise pour la Promotion des Droits humains et la Paix
(FOCDP) a suivi avec attention soutenue l’entretien du Président de la
République Démocratique du Congo avec la diaspora congolaise à
Houston – USA, qui s’est déroulé, au lendemain du sit-in organisé par les
Professeurs d’Universités non payés et non mécanisés depuis deux à trois
années et exprime son indignation la plus totale face à la corruption
systémique qui gangrène la chaîne de gestion des carrières académiques
au sein de l’administration publique.
I. SUR LES DECLARATIONS DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE A HOUSTON, USA
Lors de son adresse à la diaspora congolaise de Houston, le Président de la
République, Félix Antoine TSHISEKEDI a une fois de plus cité les Professeurs
d’Universités parmi les secteurs prioritaires dont il entend améliorer les
conditions, après ceux des joueurs de football.
Notre Organisation déplore le caractère répétitif et sans effet concret de
ces promesses. Cette déclaration, sans calendrier, sans mesure
d’exécution et sans remise en cause des blocages administratifs, est
perçue par la communauté scientifique congolaise comme une tentative
de flatterie qui méconnaît la gravité de la situation des Enseignants
d’Universités. Elle revient à considérer les Savants de la RDC comme des
interlocuteurs naïfs alors que les faits sont documentés et vérifiables sur les
violations flagrantes de leur droit légitime.
- SUR L’EXISTENCE D’UN SYSTEME DE CONCUSSION INSTITUTIONNALISE
La FOCDP dénonce l’existence d’un système de corruption organisé dans
la chaîne de mécanisation impliquant le Ministère de l’ESU/ESURSI, le
Ministère de la Fonction Publique et le Ministère du Budget.Ce système impose à tout Professeur en attente de mécanisation le
versement forcé de un à deux mois de salaire et de prime, en plus d’une
somme d’environ mille dollars, à un réseau d’intermédiaires pour être
aligné. Ces pratiques honteuses s’étendent également à toute promotion
en grade des Professeurs. Alors que l’avancement de grade est un droit
statutaire qui devait se faire automatiquement sur base des dossiers
scientifiques transmis par les Universités et validés par le Conseil
d’administration des Universités. D’autres réseaux exigent le paiement de
sommes importantes pour débloquer les arrêtés de promotion ou de
l’équivalence. Un Professeur promu au grade supérieur reste bloqué des
années sans le bénéfice de son nouveau traitement tant qu’il ne
“s’acquitte” pas auprès du système.
Ces pratiques anticonstitutionnelles violent l’article 36 de la Constitution qui
garantit à tout citoyen le droit au travail, à une rémunération juste et à la
carrière. Elle transforme l’accès à un droit fondamental en marché de
marchandage. - SUR LES CONSEQUENCES POUR L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET LA NATION
Imposer des antivaleurs aux formateurs des cadres de l’État est un nonsens. Aucun pays au monde ne conditionne la rémunération et la
promotion de ses enseignants-chercheurs à des pots-de-vin. Cette situation
place le Président de la République devant sa responsabilité de chef de
l’exécutif : tolérer ce système revient à cautionner l’effondrement de
l’école congolaise. Or, la puissance d’un État contemporain repose sur le
progrès scientifique et la qualité de sa formation supérieure. Un État qui
sacrifie ses Universités hypothèque son avenir.
LA FOCDP RECOMMANDE : - La mécanisation immédiate et sans condition de tous les Professeurs,
en attente depuis un à trois ans, sur base des listings déjà transmis par
les Comités de Gestion des Universités. - Déblocage automatique et sans frais des promotions en grade des
Professeurs, conformément aux dossiers validés par les Universités. - Ouverture d’une enquête judiciaire indépendante sur les réseaux de
corruption au sein des Ministères ESURSI, Fonction Publique et Budget,
en vue des sanctions exemplaires des auteurs. - Publication transparente des procédures et délais de mécanisation
et de promotion, avec guichet unique et traçabilité des dossiers. - Engagement écrit du Gouvernement sur un calendrier contraignant de paiement des arriérés de salaire et de rappel de promotion.
- Nous interpellons les étudiants, premières victimes de cette crise : sans
Professeurs dignement payés, promus à temps et respectés, il n’y a
pas de formation de qualité. Nous vous appelons à vous joindre à la
revendication du respect des droits de vos enseignants. L’avenir de
l’Université congolaise se joue aujourd’hui.
Le Président Exécutif
Prof. Mgr Pax André Marie KITO MASIMANGO