Existerait-il au sein du Gouvernement Judith Suminwa des ministres qui en font à leur tête dans l’exercice de leurs fonctions ?
On est sérieusement tenté de répondre par l’affirmative à cette question, au vu du désordre observé ces jours au sein de la haute direction de la Congolaise des Voies Maritimes (CVM). Désordre créé par la Ministre d’Etat Ministre du Portefeuille qui veut révoquer de ses fonctions un mandataire public nommé par ordonnance présidentielle sur la base d’un procès-verbal lui établi par le Conseil d’Administration.

Pour la petite histoire, la Directrice Générale de CVM, Jeanne Blandine Kawanda a été suspendue au mois de mai 2026 pour raison d’enquête administrative sur sa gestion. L’audit a été fait et cela n’a rien donné en termes de graves griefs portés contre elle et sa gestion.
Et donc, après trois mois de suspension réglementaire, Madame Kawanda était en droit de regagner son poste faute de manquements graves de gestion à sa charge.
Plutôt que de la rétablir dans ses fonctions, la toute puissante Ministre du Portefeuille, sans consulter la Première Ministre, a convoqué en catimini une assemblée générale des administrateurs, exigeant à celle-ci le retrait du mandat de la Directrice Générale et son remplacement.
Mécontents, les agents et cadres de la CVM qui sont témoins de la bonne gouvernance instaurée au sein de leur Compagnie par Madame Kawanda, ont demandé à cette dernière de porter l’affaire devant le Conseil d’Etat.
Il nous revient à cet instant même que les trois administrateurs complices de la Ministre, aidés par leurs 10 avocats, ont tenté de présenter leurs moyens de défense devant les juges de la plus haute instance administrative du pays. L’affaire a été prise en délibéré et c’est tant mieux. Mais, connaissant les réalités de notre pays en judiciaire, les agents et cadres de CVM préfèrent rester vigilants, tout en demandant au Conseil d’Etat de dire le droit, rien que le bon droit.
Pour l’ensemble du personnel de la Congolaise des Voies Maritimes, il serait injuste qu’un mandataire public qui a donné de son expertise pour le redressement de son entreprise, soit révoquer rien que pour satisfaire les caprices d’une femme, Ministre toute puissante soit-elle. Doit-on abuser à ce point de la confiance de l’autorité suprême du pays ? Nous disons non.
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